Constantin Melnik

L'ancien ministre socialiste de la Défense Charles Hernu, mort en 1990, n'a "jamais été un agent soviétique", selon Constantin Melnik coordonnateur des services de police, de contre-espionnage et de renseignements au cabinet de Michel Debré à Matignon de 1959 à 1962. Ce spécialiste du renseignement cite dans son dernier ouvrage un ancien chef du KGB (les services secrets soviétiques) de 1988 à 1991, Vladimir Krioutchkov. Au cours d'un séjour à Moscou au début de l'année, Constantin Melnik a pu entrer en contact avec ce responsable, qui avait auparavant dirigé la direction du renseignement extérieur du KGB. Selon un collaborateur de Vladimir Krioutchkov, Charles Hernu a peut être eu des "relations douteuses" à Paris avec les services secrets soviétiques, mais, selon la définition du KGB, "n'a jamais été, même au moment le plus trouble de ses relations avec l'Est un agent soviétique". Des vérifications auprès de collaborateurs de Vladimir Krioutchkov et la consultation des archives du KGB ont confirmé, selon Constantin Melnik, qu'"aucun contact n'avait été rétabli avec Hernu depuis la rupture" décidée par le KGB en 1963. A cette date, l'antenne du KGB à Paris avait décidé d'interrompre ses versements d'argent à Charles Hernu, alors sans responsabilité politique, les informations transmises par ce dernier figurant déja dans la presse. L'hebdomadaire l'Express avait révélé en 1997 que Charles Hernu aurait espionné pour le compte des services secrets bulgares, soviétiques et roumains de l'Est entre 1953 et 1963. Les fils de Charles Hernu ont affirmé à plusieurs reprises que le dossier de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire, services de contre-espionnage français), publié en octobre 1998 par l'hebdomadaire, ne comportait aucun "élément de preuve" sur d'éventuelles relations de leur père avec les services secrets des pays de l'Est. Charles Hernu avait été le premier ministre de la Défense de François Mitterrand de 1981 à 1985.