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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

François Mitterrand

François Mitterrand

Dans sa dernière interview, accordée cent jours avant sa mort aux auteurs de La Décennie Mitterrand, l'ancien chef de l'Etat décoche ses ultimes flèches à la classe politique française, avec une dent particulièrement dure contre Michel Rocard, Jacques Chirac et la lignée Debré.

Ce 4e volume, sous-titré Les déchirements, raconte la difficile fin de règne de François Mitterrand, la chute d'Edith Cresson, le calvaire de Pierre Bérégovoy, la cohabitation avec Edouard Balladur et les grands dossiers internationaux (Maastricht, la guerre en Yougoslavie, au Rwanda ou en Algérie). Rocard ? "Comment pouvez-vous imaginer qu'il fasse autre chose que des sottises", s'exclame François Mitterrand dans un entretien, le 25 septembre 1995, avec les journalistes Pierre Favier et Michel Martin-Roland, qui publient le quatrième et dernier volume de leur histoire de la présidence Mitterrand. "J'ai fait l'erreur de le nommer, mais je craignais qu'il ne provoque une cassure du Parti socialiste", poursuit Mitterrand, qui ajoute: "Il ne faisait rien. Il était incapable de prendre la moindre mesure un tant soit peu impopulaire". Jacques Delors, "en politique zéro", Edouard Balladur "timoré, prudent jusqu'à l'excès", Raymond Barre, "un loser sympathique". Dans cette conversation à bâtons rompus, le président, malade, n'épargne ni amis ni adversaires. Lionel Jospin: "Je le trouve un peu raide, peut-être que lui me juge tortueux". Jean-Pierre Chevènement: "Enfermé dans une sorte de nationalisme à l'ancienne". Laurent Fabius: "Peut-être l'ai-je fait monter trop tôt ?" "Au soir de l'élection" de Jacques Chirac, "j'ai dit à André Rousselet, ça va être pittoresque. Il a été un Premier ministre consciencieux, mais qu'est-ce qu'il a pu me mentir. Je me demande encore s'il s'en rendait vraiment compte, mais on me dit qu'il mentait de la même façon à ses propres amis politiques". Nicolas Sarkozy "a du talent pour mordre et pour trahir. Pas des qualités suffisantes pour aspirer au premier rang. Mais, c'est un garçon doué, rien à voir avec les Debré: Michel Debré était un personnage médiocre. (...) Jean-Louis Debré est un crétin, un sectaire réactionnaire. Quant à Bernard Debré, c'est un faux cul". Pour Mitterrand, Pierre Méhaignerie, "C'est un con. Il n'est pas borné, c'est une borne". Seul François Bayrou revêt quelque grâce à ses yeux: "Le plus prometteur. J'admire comment il a pu dominer son problème d'élocution. Cela dénote une vraie force d'être".

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Pierre Favier et Michel Martin-Roland : La Décennie Mitterrand (Éditions du Seuil).