Hebe de Bonafini
Hebe de Bonafini

Hebe de Bonafini, présidente de l'association argentine des Mères de la Place de Mai, a affirmé cette semaine à Paris que les mères des disparus d'Argentine ne veulent "ni oublier, ni pardonner, ni négocier" avec les responsables des années de dictature. Mme de Bonafini présentait la traduction française de son livre, Une mère contre la dictature, à l'Institut des Hautes Etudes d'Amérique latine, en présence de Danielle Mitterrand, qui en a signé la préface. "Ce livre est la vie d'une femme du Tiers-monde, une femme simple, qui avec d'autres femmes a décidé de ne ne pas accepter la réparation économique infâme" proposée pour la vie de nos enfants disparus", a-t-elle affirmé."Nous ne permettons pas que l'on mette un prix sur la vie. Le seul chemin à suivre est la Justice, mais une Justice ouverte, pour dénoncer les traîtres comme des traîtres, les assassins comme des assassins", a souligné la présidente du groupe de femmes qui a manifesté pour la première fois à Buenos-Aires le 30 avril 1977."Nous avons une liste de 5.000 assassins" des années de dictature, et parmi ceux qui ont été mêlés aux assassinats, "il y beaucoup d'hommes qui occupent des hautes charges" en Argentine actuellement, a-t-elle affirmé. Danielle Mitterrand a pour sa part souligné avoir été bouleversée par la dernière lettre d'un des deux fils disparus de Hebe de Bonafini, publiée dans le livre. Les Mères, dont le signe de reconnaissance un foulard blanc, ont reçu le Prix Sakharov du Parlement européen en 1992. Elles doivent ouvrir en mars à Buenos Aires une librairie spécialisée dans les droits de l'Homme et un centre culturel. Hebe de Bonafini, qui reste une semaine en France, a été entendue par le juge Garzon la semaine dernière à Madrid.