Ehud Barak

A l'heure où les négociations de paix israélo-arabes sont relancées, la première biographie française du nouveau Premier ministre israélien Ehud Barak est publiée en France par les éditions Plon, sous un titre qui veut traduire le caractère déterminé de l'homme: Le faucon de la paix. Les deux auteurs, Paule-Henriette Lévy et Haïm Musicant, mettent en évidence, tout au long du récit de la vie du "soldat le plus décoré d'Israël", la détermination et les convictions d'Ehud Barak, en soulignant tout ce qu'il doit à ses longues années passées sous l'uniforme. "Cet homme très secret, ce militaire à la carrière hors du commun, doute, doute de tout, de tout le monde, sauf de lui", écrivent-ils, avant de souligner son sens de la stratégie: "il tire parti de toutes les circonstances, utilise à son avantage les erreurs de l'adversaire... Il sait toujours où il va". Affirmant que l'ancien chef d'état-major est "un tueur politique, un tacticien de sang froid", ils ajoutent que c'est un homme "d'une rare intelligence" qui "apprend vite et bien". Les auteurs retracent la vie mouvementée d'Ehud Barak, sabra, né dans un kibboutz en 1942, qui participa aux raids les plus spectaculaires contre les dirigeants palestiniens, en avril 1973 à Beyrouth, et à Tunis en avril 1988 pour assassiner le numéro deux de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), Abou Jihad. Ils décrivent toutes les réticences d'Ehud Barak à l'égard des modalités des négociations secrètes israélo-palestiniennes d'Oslo, en 1993, mais soulignent qu'il ne s'oppose pas à ces accords "dont l'esprit est fondé sur la séparation entre Israéliens et Palestiniens". Pour les auteurs, Ehud Barak a méticuleusement programmé son accession au pouvoir politique, le premier objectif ayant été "la conquête du parti travailliste et la mise à l'écart de Shimon Pérès". Ehud Barak "ne rêve pas, comme Shimon Pérès, d'un nouveau Proche-Orient" dans lequel Israël et ses voisins arabes se lanceraient, comme la France et l'Allemagne, "dans une réconciliation, et s'attacheraient à bâtir un marché commun sur le modèle européen", notent-ils. "La ligne de conduite de Barak suit le précepte qui dit que les bonnes frontières font les bons voisins", écrivent-ils. Ehud Barak a repris les thèses déjà défendues par son père spirituel Yitzhak Rabin, selon lesquelles l'avenir des relations entre les peuples israélien et palestinien "doit se fonder sur le concept de la séparation".