Ahmed Bamarni

Au moment où se prépare le procès du chef rebelle kurde Abdullah Ocalan, un ouvrage retrace le parcours d'un militant et rappelle que le Kurdistan reste une poudrière toujours prête à exploser. Dans Au Printemps kurde, préfacé par Danielle Mitterrand et Bernard Kouchner, l'auteur Ahmed Bamarni, né dans le Kurdistan irakien, raconte son itinéraire depuis son engagement dès l'âge de seize ans au sein de la résistance kurde dans les années 70. Il parle de son peuple et de sa résistance en évoquant notamment la tragédie de Halabja, localité kurde bombardée à l'arme chimique par l'aviation de Saddam Hussein. Au delà de son combat sur le terrain, l'auteur, agé de 47 ans, fait également le récit de son expérience d'homme politique sur fond de luttes intestines, de combats fratricides et de trahisons entre les principales organisations kurdes, nourris par le régime de Bagdad. Avocat de la cause kurde auprès de l'opinion occidentale, il est contraint de s'exiler en France en 1975. Devenu l'un des représentants de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), il est élu en 1992 député au parlement du Kurdistan d'Irak. Il est aujourd'hui représentant de l'UPK à Bruxelles. Même si le livre traite surtout de la situation des Kurdes d'Irak, Ahmed Bamarni pense que "l'heure des grands changements est venue", tant en Irak qu'en Iran ou en Turquie, pour des millions de Kurdes. A propos de l'arrestation d'Abdullah Ocalan, l'auteur qui se dit "homme de dialogue" écrit que "ceux qui veulent vraiment trouver une solution au problème kurde savent que l'humiliation et la répression ne serviront qu'à renforcer la détermination des combattants et à multiplier les morts, sûrement pas à régler les conflits".