Claudio Magris

Microcosmes de Claudio Magris est une ballade en toute liberté du grand écrivain italien dans sa ville natale, la mythique Trieste, carrefour des cultures germanique, italienne et slave. S'agit-il d'un journal de voyage, d'un essai historique, d'un roman à clefs? Le livre transcende tous les genres, inclassable comme son auteur, qualifié "d'homme des confins", germaniste, spécialiste de l'Autriche du siècle dernier et romancier (notamment de Une autre mer). Du café San Marco ("une arche de Noé où il y a place, sans préséances ni exclusions, pour tous") au jardin public, en passant par l'église du Sacré Coeur, il évoque ces endroits "frontaliers, marginaux, secrets, d'une Europe à la mémoire vive et au passé brûlant". Il use de fables, d'anecdotes, de références historiques et littéraires pour rédiger cette quête de soi qu'est tout voyage, "guérilla perdue d'avance contre l'oubli", au coeur (et autour) d'une ville habitée par les fantômes de James Joyce ou Italo Svevo.