Georges Hyvernaud

En des temps aussi confus et aussi propices aux collusions de toutes sortes, on se gardera de ne pas signaler la réédition du Wagon à vaches, second roman de l'immense auteur de La peau et les os et de Feuilles volantes, écrivain violent, exigeant, intransigeant qui écrivait ceci: "Le mépris a cessé d'être un acte de pureté solitaire (...) est devenu un principe de gouvernement. Des hommes qui ne croyaient décidément plus en eux-mêmes ont renoncé à se prendre en charge. Ils ont opté pour le pas cadencé. Un grand coup de désespoir qui a pris le visage de l'enthousiasme. Et des hommes qui ne croyaient plus en l'homme se sont servis de lui comme outil et moyen (...). Il faut mépriser radicalement l'homme pour exercer contre lui, contre sa raison, contre son coeur, cette violence méthodique. Le monde actuel est celui où l'on est sûr que tout se fabrique: l'opinion, l'héroisme, tout. C'est devenu une simple technique, du travail d'ingénieur (...)". Quelle virgule, hélas, changera-t-on en 1997 ?