Pascal Bruckner
Pascal Bruckner

Pascal Bruckner, lauréat du Renaudot 1997 pour Les Voleurs de beauté (Grasset), livre une variation sur les mécanismes de la manipulation, thème récurrent de son oeuvre. Ce quatrième roman met en scène un couple bloqué dans la neige dans le Jura. Ils se réfugient chez un autre couple qui vit avec un valet. "La beauté humaine est l'injustice par excellence... pourquoi eux et pas nous? Les beaux nous doivent réparation pour l'outrage commis". Peu à peu, le refuge se transforme en prison. Le couple ne parvient plus à quitter la maison. Dans un récit parallèle, un médecin psychiatre, reçoit la visite d'un homme masqué. La comédienne Isabelle Adjani aimerait en faire un film où elle jouerait le rôle de la psychiatre, dit-il. L'idée de ce roman lui est venue lorsqu'assis à un café, regardant passer de belles femmes, il a suggéré: "Il faudrait les enfermer". "C'est un conte cruel, explique-t-il, un hommage inversé à la beauté, qui montre comment les objets du désir peuvent être douloureux. On adore détester les gens qu'on aime. Et l'issue est la destruction". C'est aussi un "avertissement, tout le monde fustige la laideur".

Né à Paris le 15 décembre 1948, son enfance et adolescence en Autriche et Suisse, sont "dominées par des personnalités et une éducation catholique autoritaires". Après un doctorat es Lettres, il enseigne notamment dans les universités de San Diego (Etats-Unis) et de New York. En 1981, il se lance dans l'écriture romanesque avec Lunes de fiel, adapté au cinéma par Roman Polanski, Parias, et Le Divin Enfant en 1992. Ses essais brillants et politiquement incorrects, dénoncent pensée conventionnelle et lâchetés comme Le Nouveau désordre amoureux (1977) avec Alain Finkielkraut, Le Sanglot de l'homme blan (1983) dénonçant la "vision doloriste du tiers monde", La Mélancolie démocratique (1990). En 1995, le Prix Médicis essais récompensait La Tentation de l'innocence, réflexion féroce sur le malaise et les maladies de l'individu contemporain.