Hervé Bazin

Le Figaro vient de publier le contrat qu'Hervé Bazin, mort en 1996 et qui fut une véritable institution de la vie littéraire française pendant des décennies, avait signé pour entrer dans la prestigieuse collection de Gallimard, la Pléïade, et explique pourquoi l'opération a échoué. En 1983, l'influent président de l'Académie Goncourt s'apprête à rejoindre la Pléïade. Mais une polémique éclate. L'écrivain Bernard Frank écrit: "si Bazin est Pléiade, il n'y a a plus de Pléiade et la littérature n'existe pas". Pour sa part, le Canard Enchaîné ironise: "il est toujours bon pour un éditeur d'avoir le président des Goncourt chez soi". Le projet n'aboutit pas. Le quotidien publie la photocopie du contrat signé le 29 juin 1983 par Hervé Bazin et Claude Gallimard prévoyant la parution de six romans de l'écrivain dans un seul volume de la Pléïade. Il s'agissait de Vipère au poing, La mort du petit cheval, Cri de la mouette, Le matrimoine, Au nom du fils et Madame Ex, des titres parus chez Grasset et au Seuil. "Si l'accord des éditeurs avait suivi", Hervé Bazin rejoignait bel et bien la Pléiade, écrit le journal ajoutant: "mais cet influent personnage de la vie littéraire n'allait-il pas du même coup répondre aux avances de Gallimard? La direction du Seuil se pose si fortement la question qu'elle refuse net de donner suite à la proposition de faire introniser Bazin de son vivant. C'était un trop grand risque au moment du vote pour le prix Goncourt". La Pléïade a été créée en 1931 pour offrir au public les chefs-d'oeuvre de la littérature dans une présentation soignée. Baudelaire fut le premier auteur du catalogue qui comprend quelque 450 titres. Très peu d'auteurs (René Char, Marguerite Yourcenar, Julien Green...) y sont entrés de leur vivant.