Robert Adams
Robert Adams

Robert Adams, qu'on ne confondra pas avec Ansel Adams, autre photographe américain et grand lyrique des majestueux paysages naturels, nous offre un bouquet de six Essais sur le beau en photographie, parmi lesquels Vérité et paysage, La Beauté en photographie, Photographier le mal et Réconciliations géographiques, titres qui reflètent un cheminement autant plastique que théorique.

Né en 1937, Robert Adams fit en 1975 partie de la fameuse exposition New Topographics qui fit connaître une génération de photographes attentifs aux paysages altérés par l'homme. Cependant, toujours, il cherche à donner une qualité intemporelle à ses images. Ce qui passe souvent par un minimalisme proche de l'anorexie. Mais non sans "Beauté", mot qui n'est plus "obsolète, convenant aux urnes funéraires", mais "le but véritable de l'art", le "synonyme de la cohérence et de la structure sous-jacentes à la vie".

Pour Robert Adams, chaque photographie doit être, au-delà de la banalité du prétendu reflet objectif de la réalité vraie, une "métaphore, apte à suggérer des ressemblances entre ce qui est connu et ce qui l'est à peine". Une photo de paysage se doit d'être à la fois "géographique, autobiographique et métaphorique". "Quel degré de proximité une photo devrait-elle entretenir avec les apparences, y compris dans la description d'un miracle ?" se demande-t-il. De même, il interroge les contradictions et leurs résolutions dans le mystère photographique: dévastation par une tornade et sensation d'ordre, de paix, dans une seule image de Franck Gohlke: "l'affirmation d'un sens au coeur de l'apocalypse".

On le voit, la quête de Robert Adams est autant celle de l'artiste esthète que celle du sage. Mais sans rien d'une mystique appuyée, engagée. Un des plus fins et beaux essais jamais écrits sur la photographie, tout simplement.

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Robert Adams, Essais sur le beau en photographie (Éditions Fanlac).