Florence Faucher

Les Verts qui veulent "transformer la politique" afin de "changer la vie" sont sortis de la marginalité pour devenir des acteurs incontournables de la scène politique européenne. Tel est le thème du livre de Florence Faucher, docteur en science politique, qui décrit l'idéologie et le fonctionnement des verts européens, apparus seulement dans les années 70 et encore mal connus. Le sujet est d'actualité, au moment du Congrès des Verts européens qui doit se tenir à Paris, et des élections européennes qui pourraient en juin confirmer leur ascension. Les Habits Verts de la Politique est, selon l'auteur, une enquête anthropologique de cinq ans, "un voyage au coeur de la vertitude" effectué notamment à partir de l'observation de deux groupes verts dans les villes historiques et universitaires d'Aix-en-Provence et d'Oxford. Elle décrit des militants dévoués et enthousiastes qui "brouillent les limites entre le public et le privé", professent et pratiquent un style de vie et une organisation de la démocratie qu'ils veulent différents des autres formations. L'auteur s'interroge sur l'impact que les nouvelles formes de participation à la vie publique proposées par les verts peut avoir sur les autres partis, d'autant que leur émergence coïncide avec une crise de confiance dans les institutions représentatives. Elle constate leur succès puisque les scientifiques "confirment à présent les prédictions alarmistes" qu'ils faisaient il y a 25 ans sur l'état de la planète. Le public a pris conscience des enjeux et élu 120 députés verts dans une douzaine de pays, tandis que les gouvernements multiplient conférences, chartes et règlements pour protéger l'environnement. L'une des idées de conclusion, selon laquelle "le manque de succès semble perturber (les verts) d'autant moins qu'ils le mesurent selon des critères autres que les performances électorales", peut être discutée. Mais l'affirmation qu'ils "se satisfont de leur contribution à l'animation du débat public" est certainement d'actualité.