Lydie Salvayre
Lydie Salvayre

Doté de 200.000 francs, le prix Novembre 1997 a été décerné à Lydie Salvayre pour La Compagnie des spectres, publié au Seuil. Les jurés du prix Novembre ont ainsi rattrapé les votes des grands prix littéraires français pour lesquels elle a été une candidate malheureuse. Elle était arrivée en deuxième position aux Goncourt et Renaudot. Lydie Salvayre prend sa revanche avec ce prix, grassement doté par Cassegrain graveur. Créé en 1989, il se veut dès l'origine un Anti-Goncourt et veut "récompenser en toute indépendance le meilleur roman ou texte, écrit en français et paru dans l'année". Il comprend, à l'inverse des autres jurys, une présidence et un jury tournants. Présidé par Daniel Schneidermann, il se compose actuellement notamment des écrivains Julian Barnes, Bernard Frank, Jean-François Revel, Philippe Sollers et Mario Vargas Llosa. La lauréate l'a emporté au deuxième tour. Ont également obtenu des voix: Pierre Michon pour Trois auteurs (Verdier) et Jean-Paul Kauffmann pour La Chambre noire de Longwood (Table ronde).

La Compagnie des spectres est un huis clos à trois personnages: une mère, une fille et un huissier que la vieille femme croit être un milicien de Vichy. Le roman couronné alors que se déroule le procès Papon, "n'est pas une fable politique sur Papon ou Vichy", assure Lydie Salvayre, qui semble lasse des références à Vichy. "C'est autre chose que ce renvoi à l'actualité. Il y a notamment le lien de la mère et de la fille. Cela pourrait se passer n'importe où et sous un autre régime. Le roman a été écrit en mai 1996 et j'étais loin de ces histoires de procès".

Lydie Salvayre, pédo-psychiatre de 51 ans, fille d'immigrés espagnols arrivés en France en 1939, est déjà l'auteur de quatre romans, La Déclaration, La Vie commune, La Médaille et La Puissance des mouches. Elle vient également de publier un petit livre "écrit d'un jet, au lendemain de la remise du manuscrit de La Compagnie des spectres: Quelques conseils utiles aux élèves huissiers (Verticales).