Mathieu Lindon
Mathieu Lindon

Jean-Marie Le Pen poursuivait en diffamation, devant la 17ème chambre du Tribunal correctionnel de Paris, Mathieu Lindon et Paul Otchakovsky, respectivement auteur et éditeur d'un livre paru en septembre 1998 sous le titre Le procès de Jean-Marie Le Pen. Le président du Front National reproche à l'auteur de l'avoir décrit en chef d'une bande de tueurs, qui recommanderait les meurtres racistes, et d'écrire que le FN est lié à des affaires racistes, que les militants qui quitteraient le FN s'exposeraient à des brutalités, ou encore que ses militants seraient porteurs d'armes. C'est un ouvrage "hostile au FN (...), un roman sur la France contemporaine", explique son auteur, "qui tente de démontrer que les méthodes employées pour lutter contre le FN de sont pas efficaces". Pour la partie civile, "c'est une intrigue dénuée d'intérêt", qui met en scène une affaire de crime raciste. "On ne peut pas parler du racisme sans parler de Jean-Marie Le Pen", explique M. Lindon au Tribunal, affirmant: "Je trouve bête qu'il m'ait poursuivi car je trouve que j'en fais un portrait plutôt bienveillant". "Vous auriez dû lui envoyer un mode d'emploi", ironise alors le président Jean-Yves Monfort. Pour Me Georges-Paul Wagner, avocat de M. Le Pen, le prévenu tente d'échapper à une condamnation en donnant à ses écrits le titre de "roman". Mais "la fiction ne permet pas d'échapper à la condamnation pour diffamation", rectifie le substitut François Reygrobellet, qui juge diffamatoires les passages en cause. Pour autant, le Parquet demande au tribunal d'être clément: "J'émets des réserves quand au prononcé d'une condamnation contre un écrivain et son éditeur, mais ces réserves vous paraîtront peut-être de trop mauvais goût juridique. Je sollicite la bienveillance pour des gens qui ne sont pas des diffamateurs professionnels", a conclu le magistrat. Maîtres Henri Leclerc et Roland Rappaport ont réclamé la relaxe de leurs clients, et le Tribunal a mis le jugement en délibéré au 11 octobre.