Régis Debray
Régis Debray

Le gouvernement mexicain a clairement manifesté son irritation à la suite de la visite effectuée au Chiapas par l'écrivain et sociologue francais Régis Debray, qui a rencontré le chef de la guerrilla zapatiste.

Le chef du protocole du ministère mexicain des Affaires étrangères s'est ainsi plaint auprès de l'ambassade de France des "ingérences" de M. Debray dans les affaires nationales mexicaines. Par ailleurs des proches du sociologue, qui publie un reportage en France après sa visite, ont indiqué que des agents des servives d'immigration du ministère de l'Intérieur ont officiellement enjoint l'ancien compagnon de Che Guevara dans les annees 60 d'"ajuster sa conduite à son visa de touriste".

L'irritation du gouvernement mexicain survient par ailleurs alors que Mme Danielle Mitterrand, veuve de l'ex Président francais, est arrivée elle aussi au Chiapas, où elle a à sontour rencontrer le Sous-commandant Marcos, chef de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN, à l'origine du soulèvement du 1er janvier 1994. L'ancienne première dame française s'est bornée à indiqué qu'elle venait superviser deux projets subventionnés dans le Chiapas par la fondation France-Liberté, qu'elle préside. Ces projets concernent la formation de sage-femmes, et la lutte contre une maladie communément appelée lèpre des montagnes.

Encerclée militairement, l'EZLN a cherché depuis un an, sans y parvenir, a créer un vaste "front démocratique" regroupant la "société civile" et les groupes et associations de gauche, à l'exclusion des partis institutionnels. Le sous-commandant Marcos a depuis tenté de briser son isolement en convoquant une "Rencontre Intercontinentale contre le néolibéralisme", prévue en juillet prochain et en lancant des invitations tous azimuths à différentes personnalités mondiales. Outre M. Régis Debray et Mme Mitterrand, les réalisateurs américano-mexicain Edward G. Olmos et américain Oliver Stone se sont également rendus dans les montagnes du Chiapas pour y rencontrer le sous-commandant Marcos. Le large écho mediatique suscité par ces visites semble être a l'origine de l'irritation des autorités mexicaines. Interrogées, celles-ci ont simplement indiqué, concernant M. Debray, qu'elles lui avaient seulement demandé de veiller à demander un visa de travail s'il devait revenir au Mexique pour y effectuer un reportage.