Patrick Hutchinson
Patrick Hutchinson

STATION FRACTALE

Je ne comprends ce matin du 12.09.01 que le langage le monde

des guêpiers

Qui virevoltent dans la lumière déclinante de septembre

Crient de joie d'enthousiasme de sollicitude les uns

aux autres

Et s'approprient un tardif ciel de complicité, de clémence

pour leur partance prochaine

Ou cette annonce de parution du prochain livre

prodigieux d'érudition et de patience

de Claudie Amado

Sur l'aristocratie languedocienne du Xe au XIIe siècle

Où encore la choréographie répétitive, infiniment optimiste,

infiniment désespérée,

Dans ses flux et reflux, ses ruptures, ses réconciliations,

ses dispersions dramatiques, ses inlassables

recompositions,

Ses passions, ses séparations, ses deuils, ses renaissances,

D'Anne Teresa de Keersmaeker, au nom de sonate pour clavier

bien tempéré de Jean-Sébastien Bach,

Dans la cour de la Vieille Charité à Marseille cet été

- Mais non point les forfaits colossaux de l'humain

De ceux qui aujourd'hui ne reculent devant aucun crime,

Aucune manipulation du génie le plus vertigineux

de la vengeance la plus affreuse

A la seule fin d'étendre une domination devenue incontournable

Parce qu'ils ont eux-mêmes sapé les assises de l'avenir

La fiction est battue

Ni ne craignent d'inaugurer une nouvelle ère du

monstrueux

Aujourd'hui, alors que Nemrod semble se précipiter

le film catastrophe

vers son némésis

Et que le monde trébuche peut-être vers le choc définitif

a l'air d'une piqûre

Qui le fera basculer d'une époque, d'un monde

à un autre

de moustique

Je marche aussi avec Robert Lafont dans la lumière

D'une lointaine Septimanie wisigothique

(Dernier bastion des Andalousies de l'esprit)

Ou avec Bruno Etienne, que bien à tort aujourd'hui l'on injurie

Et bien que lointaine, toi aussi, qui danses en bacchante

sur le bord du volcan, au coeur noir

Des imprévisibles les redoutables depuis au moins

un demi-siècle,

Tu es là encore, tu m'accompagnes, tu n'as peut-être

Somebody's little heart

jamais été aussi proche

Je te sens à nouveau comme autrefois qui t'appuies

is beating about in his bosom

Légèrement contre moi telle un ange fatigué,

Tes pas veillent sur les miens, plus que jamais on se convie

like a bird in a cage

Vers le fragile archipel des coïncidences et des

correspondances

souterraines

Qui seul aujourd'hui, peut-être, saura maintenir le monde

en vie

Alors que chacun de son côté (et à sa façon) nous avons entrepris

le plus dangereux des voyages

Afghanistan, pays lointain, dont tout le monde se fout, ou

presque

Alors que maintenant se dessinent très clairement

Les traits de l'imprévisibilité la plus grande

Celui qui construit son bonheur sur le malheur des autres

Est lui-même l'artisan de ce qui causera sa perte

DU JAMAIS VU DEPUIS 1929

Il n'y a plus de match de baseball, les parcs de Disney

sont tous fermés

La lumière est l'agent du désordre, on le sait bien,

puisqu'elle

fait fondre la glace

Mais la vue sur la Hudson ne sera plus jamais, jamais

la même

New York, Ville fantôme

Le Pentagone brûle toujours

Les bourses européennes désorientées

Renforcement du Plan Vigipirate en France

Stupeur dans le monde

Israël en deuil, les Palestiniens embarassés

Le sport mondial marque une pause

Qui s'est évertué, sur tous horizons du monde,

à étrangler, à souiller, à avilir l'aube ?

Qui a fécondé le ventre du mal, de la corruption ?

Qui a voulu la domination, le pouvoir à tout prix,

quitte à remettre toujours à plus tard

ses conséquences les plus affreuses ?

Qui a osé frapper en plein coeur, mais non de lumière,

le sommeil des multitudes ?

Qui a pensé à nouveau susciter l'ombre de la guerre sans fin

sur un monde dans l'impasse ?