Boris Vian
Boris Vian

L'éditeur Fayard commence la publication des Oeuvres complètes de Boris Vian en 14 volumes, avec la parution, début février, de trois tomes, comprenant des romans et des écrits sur le jazz.

"Cette oeuvre énorme, méconnue ou mal jugée du vivant de l'auteur mais consacrée désormais par la gloire populaire, la voici pour la première fois rassemblée, en un ordre à la fois générique (oeuvres romanesques, poèmes, nouvelles, jazz, théâtre, opéra, chansons, musiques, cinéma, chroniques, critiques, traités) et chronologique, avec un texte plus fidèle à l'écriture originelle", indique l'éditeur. Jusqu'alors, les oeuvres de Boris Vian (1920-1959) ont en effet été publiées chez des éditeurs différents.

Ce travail considérable, prévu pour s'achever en 2001, a été réalisé sous l'autorité d'Ursula Vian Kubler, la seconde épouse de l'écrivain, et sous la direction de l'universitaire Gilbert Pestureau. Des inédits, notamment sur le jazz, sont inclus dans cette collection, "hommage éclatant à un écrivain majeur, qui propose aux lecteurs d'entrer dans le XXIe siècle avec des rires et des larmes, la conscience d'une apocalypse intime démentie par l'opiniâtre joie de vivre", selon M. Pestureau. Les tomes 1, 2 et 6 sortent en librairie ce printemps. A l'automne, sortiront les volumes 3, 5 et 9. Début 2000, seront publiés les 4, 7 et 11 et, à l'automne 2000, les 8, 10 et 13. Enfin, en 2001, paraîtront les tomes 14 et 12.

Sur la couverture de chaque volume, figure une photomaton différente de Boris Vian, tantôt romantique tantôt souriant, que l'auteur de L'écume des jours — un des plus constants succès d'édition dans la littérature française depuis près de 40 ans — s'était amusée à faire.

Les volumes sur le jazz (portant les numéros 6, 7 et 8) réunissent les articles et les revues de presse, souvent sarcastiques et parfois délirantes, qu'il écrivit pour le magazine Jazz Hot de 1946 à 1958, sa plus longue contribution à une revue. En 1948, il écrit : "Je ne compte pas ceux qui baptisent Gillepsie celui que l'on nomme d'ordinaire Gillespie... manque de souplesse dans l'articulation, assez généralisé, ou confusion avec dyspepsie... encore des gens fielleux". En 1951, il lance "à tous les lecteurs de jazote (...) qui ont écrit à la direction de ce magazine pour se réjouir d'étre enfin débarrassés de ma revue de presse, salut. J'étais pas mort et c'est bien fait pour eux. Quant aux autres, mes 4 fidèles supporters, je leur fais la bise...".

"Boris Vian est un auteur-carrefour: il est au centre du XXe siècle. Assurément l'un des premiers à avoir mesuré les ressources des arts et des genres nouveaux, nés avec lui, nés dans son siècle : le cinéma, la bande dessinée, la science-fiction, le jazz", écrit en préface Noël Arnaud, auteur du livre maintes fois réédité Les vies parallèles de Boris Vian.

-----

Boris Vian, Oeuvres complètes (Éditions Fayard).