Roger Garaudy

Roger Garaudy

Roger Garaudy, jugé et condamné en février en France pour contestation de crimes contre l'humanité, revient à la charge dans un livre intitulé Le procès du sionisme israélien, publié à Paris et qui devrait être prochainement traduit en arabe. Dans cet ouvrage, diffusé par une librairie parisienne proche des milieux islamistes selon des sources arabes à Paris, l'ancien dirigeant communiste converti à l'Islam, devenu un héros dans certains pays musulmans pour ses critiques de la politique israélienne, développe de nouveau des thèses en vogue dans les milieux négationnistes. Ces thèses, contenues dans un de ses ouvrages précédents, Les mythes fondateurs de la politique israélienne lui ont valu d'être condamné par un tribunal parisien en février à 120.000 francs d'amende. Il a fait appel de ce jugement. M. Garaudy contestait dans ce livre l'existence des chambres à gaz dans les camps nazis, en engageant des discussions techniques sur leur fonctionnement et en remettant en cause des témoignages.

Dans son Procès du sionisme israélien, un livre de 175 pages truffées de citations et de références bibliographiques publié par les Editions Vent du Large, Roger Garaudy s'en prend notamment au "dogme et la sacralisation du nombre d'or" de 6 millions de juifs exterminés par les nazis et demande de nouveau "un débat scientifique et public sur le problème des chambres à gaz". Il affirme par ailleurs que "l'histoire du savon fait de graisse humaine" de détenus des camps de concentration et des "rigoles pour recueillir la graisse des juifs assassinés pour en faire du savon" était "un de ces sinistres bobards dont se fait le colporteur Simon Wiesenthal" (le chasseur de nazis autrichien Simon Wiesenthal).

Depuis la publication de Les mythes fondateurs de la politique israélienne qui reprenait en 1995 les thèses révisionnistes de Robert Faurisson, et sa condamnation, l'écrivain français, défendu un moment par l'Abbé Pierre, a acquis une grande popularité dans certains pays musulmans. En Iran, il a été reçu par les plus hautes autorités, notamment par le Guide de la République Islamique Iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a "rendu hommage au courage infatigable de Roger Garaudy dans sa lutte contre les sionistes", et par le président Mohammad Khatami. Au Caire, il a été reçu par l'imam d'Al Azhar, la plus haute autorité de l'islam sunnite, et a reçu des mains du ministre des Waqfs (Biens religieux) la "médaille de la prédication islamique", plus haute distinction islamique en Egypte. Un parti islamiste égyptien allié aux Frères Musulmans, le Parti du Travail, a consacré ses rassemblements populaires à l'occasion du Ramadan à soutenir Garaudy, tandis qu'à Gaza une centaine d'intellectuels palestiniens lui manifestaient leur soutien en défilant jusqu'au Centre culturel français, derrière des banderoles accusant la justice française de "reddition au terrorisme sioniste". Des messages de soutien ont également été enregistrés, notamment en Irak, en Libye, en Syrie, au Koweit, au Liban et en Jordanie.

Selon le diffuseur parisien des ouvrages de M. Garaudy, Le procès du sionisme israélien devrait être traduit et publié en arabe rapidement par des maisons d'édition du Proche-Orient.