Patricia Cornwell
Patricia Cornwell

Superstar de l'édition internationale, Patricia Cornwell prend sa revanche sur une enfance difficile marquée par des abus sexuels. "J'écris pour remettre de l'ordre dans le hasard terrible qui fout votre vie en l'air", dit la concurrente de l'autre reine du crime américaine, Mary-Higgins Clark. Les livres de Patricia Cornwell — qui a créé le personnage du médecin-légiste de la police de Richmond (Virginie), Kay Scarpetta, aidée par sa nièce, l'informaticienne Lucy — , sont traduits en 30 langues et vendus à des millions d'exemplaires.

Combustion, qui succède en France à Mordoc (du nom d'un tueur qui contactait Scarpetta par Internet) et à La ville des frelons, s'est déjà vendu à plus d'un million d'exemplaires aux Etats-Unis. Il est dédié à Barbara Bush, la femme de l'ancien président. Cette fois, Scarpetta lutte contre un tueur machiavélique qui se sert du feu pour couvrir la trace de ses crimes. Lorsqu'elle apprend que Carrie Grethen, son ennemie mortelle, est mêlée à ces meurtres, son enquête prend un tour personnel et la tragédie la rattrape, résume l'éditeur qui a lancé une opération publicitaire d'envergure pour la promotion de l'ouvrage. Derrière une apparence de fonceuse, de quadragénaire chic et sportive au regard métallique, cet auteur comblé recèle une profonde blessure: "j'ai du grandir dès l'âge de trois ans. A cause de mon père avec lequel j'avais des relations désastreuses. Il m'a pas mal bousillée. Par ailleurs, j'ai été salement agressée, brutalisée par un garde de sécurité à Miami. C'était un molesteur d'enfants", a-t-elle déclaré en 1998 au mensuel Lire. Elle a ajouté que sa mère n'était pas non plus "très saine d'esprit". "J'ai de nombreuses revanches à prendre. Le sentiment d'avoir été une victime. Le traumatisme des agressions. Pas seulement celle de l'agent de sécurité mais surtout celles de mon propre père, un être froid, indifférent, qui pouvait être cruel", a-t-elle expliqué. Pour avoir fait de Lucy une homosexuelle, on pourrait ajouter que Patricia Cornwell règle ses comptes avec les hommes. "Lucy ne déteste pas les hommes. Elle ne veut pas coucher avec eux. C'est différent", fait valoir l'écrivain. L'époque où elle vivait "la peur au ventre" semble loin. Aujourd'hui, c'est elle qui fait frissonner les lecteurs du monde entier. Elle dirige la "Cornwell Establishement", une PME forte d'une dizaine de salariés (documentalistes, gardes du corps, secrétaire, coiffeur, relations publiques). Conjuguant avec minutie suspense et détails médicaux, Patricia Cornwell, qui se fait photographier scalpel à la main, sait de quoi elle parle: elle a travaillé pendant six ans comme informaticienne dans une morgue.