Jean Echenoz
Jean Echenoz

Un soir, Félix Ferrer quitte son domicile, sa femme et s'en va rejoindre Laurence. Il vit mal son métier de marchand de tableaux d'avant-garde et s'embarque finalement à bord d'un navire qui se dirige vers la banquise. Il souhaite récupérer les objets d'arts enfouis dans une épave qui reposerait quelque part dans le nord. "Ce n'est pas tout de quitter sa femme, encore faut-il aller plus loin. Allez donc faire un tour au pôle nord, du moins dans sa banlieue où repose un remarquable trésor enfoui dans la banquise", indique le quatrième de couverture de Je m'en vais, qui vient d'obtenir le Prix Goncourt.

Jean Echenoz écrit des romans qui ressemblent à des polars dans lesquels les interrogations comptent moins que l'atmosphère. A la fois désinvolte et précis, l'auteur adore brouiller les pistes, pratiquant avec brio "une esthétique du trouble, du malaise, du dérèglement systématique de toutes les bases", selon un critique. "Je ne suis pas allé au pôle nord (...) oui, du divorce j'ai une petite expérience (...), non, je ne pense pas écrire des romans policiers, même si dans le livre il y a une escroquerie. J'essaie de faire des livres géographiques, comme d'autres font des romans historiques", a-t-il confié récemment.

Auteur notamment de Cherokee, Le méridien de Greenwich, Lac, Les grandes blondes, il dit avoir été inspiré par une photo d'un bateau d'expédition polaire, le Nechilik, qu'il a trouvée dans un numéro du National Geographic. Il dit aussi avoir imaginé ce livre avant celui qu'il a publié l'an dernier et qui s'appelait Un an. C'était l'histoire du départ de sa femme, alors que celui-ci est l'histoire de son propre départ.

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Jean Echenoz, Je m'en vais (Éditions de Minuit).