Edouard Balladur

L'ancien Premier ministre Edouard Balladur est allé chercher dans l'Histoire de France exemples et contre-exemples à l'appui d'une thèse qui est l'ossature de son combat politique: notre pays ne peut pas vivre en cultivant seulement sa différence. Si ce culte de la différence, dont on fait grief à la France, cet orgueil expriment une exigence morale, le désir du dépassement, le refus du conformisme général, en revanche il y a une fatalité de l'échec pour ceux qui méconnaissent la réalité, prévient-il dans Caractère de la France, mettant en garde ceux qui voudraient faire échapper la France à la mondialisation. "Le défi, pour notre pays, consiste à rester la France tout en s'ouvrant au monde. L'Europe le lui permettra et si l'Europe lui faisait défaut parce qu'elle n'aurait pas su l'utiliser à son profit, peu à peu la France serait rejetée aux marges de l'Histoire. Celle-ci, pour l'essentiel, se ferait sans elle", estime-t-il. A chaque chapitre, l'auteur se livre à un survol historique, de la Gaule à Charles de Gaulle, appelant des évènements historiques à l'appui. Il brosse le portrait d'une France terre de contrastes, qui conserve à travers les siècles des traits constants sans être ni rigide, ni figée pour terminer par un plaidoyer pour ses idées de réforme, de liberté et de dialogue. Il fait aussi son mea culpa à propos de son action gouvernementale. "J'ai connu des échecs. Je n'ai pas su faire comprendre que l'entreprise de rénovation économique que j'ai menée à deux reprises était indispensable, la condition de tout le reste; j'ai négligé l'égalitarisme obsessionnel des Français et ses ravages sociaux et politiques; je voulais que les jeunes puissent être mieux formés, plus aptes à entrer dans la vie active et je n'ai pas été conscient, dans l'affaire du contrat d'insertion professionnelle, du sentiment de dignité blessée qui inspirait leur refus de ce qu'ils considéraient - à tort sans doute, mais avec bonne foi - comme l'offre d'un emploi au rabais qui meurtrissait leurs espoirs".