Claude Beausoleil
Claude Beausoleil

L'AGONIE DU SONGE

Je vois des formes massivement orientées vers le corps des

Choses ou encore l'insertion de protagonistes plus vivants

Que la fièvre ou la loi quand dans le désordrefamilier

Se résume l'attitude la plus relative que le cielconcède

Aux maléfices de nuit devenus la présence de tigresailés

Transportant duveteux le regard vers l'agonie du songe

Car qui croire quand les anges portent des jeansdélavés

Que les pleurs sont masqués par le bruit des musiques

Perdues dans la salle noire où les heures s'annulent

Sans se soucier des cris atrophiés refusant le défiinutile

Que les écrans cristallisent dans des réponses autournant

D'un siècle où règnent la peur le frivole et lascience

La mémoire étranglée d'harmonies en flamme dedestinées

Tragiques sur des rives de sons ou dans des terrains noirs

Le voyage du corps précise l'infini et découvre desparades

Au sourcillement d'étoiles que les temps redonnent aucentre

Du chaos où pivotent les auras et les crissementsd'âme

Que les charmes du rêve engloutissent sous la ville

Cette ville répétant que le sort est un miroir

LE SIECLE D'OR

Un siècle d'or descend

des fenêtres noires

tout s'y tend dans des convulsions

plus larges que les temples ou

les aéroports

un peu de nostalgie ne suffit pas

l'avenir recouvre les signes

un accent de vertige enlumine le livre

les ports sont astraux

les envies éternelles

tout dépasse les yeux

il n'y a ni calme ni démesure

des attitudes seulement

et les vidéos sont des mirages actuels

dans le goût de décrire la scène

un montage aussi un poème

le temps laisse des traces

pourtant il faut tout oublier

chercher le nouveau

le seul tremplin

le désir s'y manifeste

tumulte et vagabond

le verbe écrire propose ses choix

quand les choses s'étirent

dépassement d'habitude

hors de la contemplation

je ne sais trop comment

une brusque influence dit

donnez-moi la clef

le panorama devient incertain

inclus dans le dérisoire moderne

quelques textes résistent

Dante les dicte à l'univers

d'autres lisent en secret

les attentes transversales

et peut-être est-ce le blanc

que les écritures groupent

au plus loin des sagesses

pour un surplus un repli

voyant les lettres respirer

quand le sol se dérobe

s'élude comme dit le poème

par quelle aggravation

de quel sortilège sont faites les années.