Marguerite Duras
Marguerite Duras

En 1944, Marguerite Duras entretient une relation ambigue avec un membre de la Gestapo, Charles Delval, qui a arrêté son mari, le résistant Robert Antelme.

L'écrivain a expliqué dans son livre, La douleur, qu'elle tentait ainsi de savoir où était détenu son époux. "Que s'est-il passé entre Marguerite et Delval ? Une liaison ? Certains de ses amis de la Résistance en sont aujourd'hui persuadés. Pour Mitterrand (ndr: chef du Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés), cela paraissait plausible. Mais rien ne lui permettait de l'affirmer (...). Nul ne saura jamais", écrit Laure Adler dans sa biographie de Marguerite Duras.

A cette époque, Duras avait pour amant Dionys Mascolo. Or, ce dernier va tomber amoureux de Paulette Delval, épouse du gestapiste, et lui faire un enfant. "Dionys affirmait que Marguerite n'avait jamais rien su ni de l'histoire avec Paulette ni de l'enfant. Paulette n'a jamais revu Marguerite", écrit Adler. A la Libération, lors du procès de Delval, elle s'acharne contre lui. Il est fusillé début 1945, en grande partie à cause de ce témoignage. Delval confia à son avocat une lettre pour Paulette "dans laquelle, avant de mourir, il l'assurait de son amour. Le fils de Paulette Delval et Dionys Mascolo est né six mois plus tard", affirme Laure Adler. "L'histoire avec Delval n'a rien d'ambigu. Elle dîne avec l'homme qui a arrêté son mari pour essayer de le sauver.

Ce Delval était une ordure, il méritait cent fois de mourir", a dit cet été au magazine Elle le fils de Duras et Mascolo, Jean, ajoutant cette phrase terrible: "je sais par mon père que Paulette Delval venait me voir à la sortie de l'école et lui disait: "mon fils est plus beau que le tien".