Serge Doubrovsky
Serge Doubrovsky

Serge Doubrovsky, mis en scène dans le roman de son cousin Marc Weitzmann Chaos qui paraît fin août, estime que tous les propos qui lui sont attribués dans ce roman ont été déformés ou falsifiés, a-t-il indiqué dans un communiqué. Serge Doubrovsky, auteur du Livre brisé, Prix Médicis 1990, dans ce communiqué transmis par Grasset qui est également son éditeur, indique : Je tiensà préciser que tous les propos qui me sont attribués dans ce livre ont été déformés ou falsifiés. J'en laisse la triste responsabilité à son auteur.

Marc Weitzmann, 38 ans, qui dirige les pages littéraires de l'hebdomadaire Les Inrockuptibles, a déjà publié un premier roman, Enquête. Dans Chaos, un roman, selon la page de titre, mettant en scène une famille juive haute en couleur, le narrateur, lorsdes obsèques de son père, apprend l'existence d'un manuscrit écrit en 1942 par son grand-père. Le narrateur va rechercher ce manuscrit, se transforme en détective du passé familial, et rend visite à son cousin (Doubrovsky), désigné sous son nom, dont il relate certains propos. Chaos mêle, à la façon de Serge Doubrovsky, les personnages réels d'un panthéon de la haine de soi et des créatures de fiction. Serge Doubrovsky, universitaire et écrivain, avait dans ce qu'il désigne par autofiction, défrayé la chronique littéraire en racontant, dans Le Livre brisé, méticuleusement et de manière violente, les dérives de son couple, l'alcoolisme de sa femme,à qui il envoyait régulièrement le manuscrit et qui est morte. Dans ce roman qui s'apparente à un règlement de comptes familial, Marc Weitzmann semble procéder exactement de la même manière que Doubrovsky et l'on peut se demander s'il ne rend pas la monnaie de sa pièce. A côté des conversations, le narrateur trace un portrait peu flatteur de son cousin, évoquant notamment l'exhibitionnisme de Doubrovsky, n'hésitant pas à se produire sur le plateau de Bernard Pivot après la mort dramatique de sa femme, avant de le qualifier de roi de l'autobiographie caviardée et d'affirmer: Il avait utilisé un être psychiquement plus fragile que lui, l'avait manipulé, usé, torturé jusqu'à la fin, dans le seul et unique but d'achever son entreprise littéraire.