Google Adwords
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Les entreprises du luxe, confrontées à de sérieux problèmes de contrefaçon de leurs produits, sont très chatouilleuses sur l'utilisation de leur marque. LVHM est l'une des plus agressives pour défendre ses droits, y compris sur l'internet, où elle vient de faire condamner Google pour contrefaçon et fausse publicité.

Louis Vuitton Malletier, du groupe LVMH Moet Hennessy Louis Vuitton SA, estimait en effet que le système de liens publicitaires du moteur de recherche permettait à des commerçants n'appartenant pas à son réseau commercial de proposer en vente sur le web des sacs et des bagages portant frauduleusement la marque Vuitton et qu'il devait donc être condamné en tant que complice. Même si l'entreprise de Montain View n'a rien à voir directement avec ces fraudes puisqu'elle ne fait que vendre des mots-clés s'affichant sur son site à côté des résultats de recherche, le Tribunal de Grande Instance de Paris a rendu un jugement vendredi 04 février 2005 en faveur de LVMH, jugeant que Google Inc. a permis de réaliser "une présentation de publicité de nature à induire en erreur les internautes sur les origines et les qualités substantielles des biens proposés". Le TGI a interdit à Google de "faire usage des termes L.V., Vuitton et du sigle L.V. dans la génération des mots clés" de son système Adwords et l'a condamné à payer 200.000 euros (260.000 dollars) de dommages et intérêts à Louis Vuitton.

Google a déjà été poursuivi dans des affaires similaires l'opposant notamment à Axa, La Bourse des Vols et les Hôtels Méridien, ainsi que son concurrent Overture (filiale de Yahoo) qui doit lui aussi verser des dommages et intérêts aux groupes hôteliers Accor et Ibis. Ces décisions en rafale de la justice française — les tribunaux américains étant plus tolérants puisqu'ils estiment eux que Google ne viole pas la loi sur les marques de commerce — pourraient avec l'affaire Vuitton faire jurisprudence en Europe et encourager de nombreuses autres sociétés à engager des poursuites, non seulement pour complicité de "contrefaçon" mais aussi pour "concurrence déloyale et publicité trompeuse".

Google n'a pas commenté ce dernier jugement mais envisagerait de faire appel, comme il l'a fait pour les autres condamnations. Si les décisions de justice se confirment, ce serait en effet un coup dur porté à la publicité sur internet en interdisant de fait l'exploitation de liens sponsorisés liés aux innombrables mots-clés susceptibles de contrarier les marques de commerce. Cela supprimerait du coup une bonne partie des ressources des principaux moteurs de recherche qui se sont financé l'année dernière à hauteur de 1,6 milliards de dollars par le biais de ces services publicitaires.