Google Print
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Larry Page et Sergueï Brin, les deux jeunes fondateurs de la compagnie américaine aujourd'hui très bien cotée en bourse, ont présenté jeudi 07 octobre à la Foire du Livre de Francfort ce nouvel outil qui permettra aux internautes d'effectuer des recherches par mots-clés dans le contenu même des livres publiés. Les éditeurs ou les auteurs pourront inscrire gratuitement et sans limites les titres de leur catalogue, que ce soit des nouveautés, des livres du fonds ou même des revues, sur la plateforme de Google Print. Une fois le livre reçu, Google se chargera en quelques jours de scanner la couverture, le sommaire et environ 20% de bonnes pages qui seront intégrées ensuite dans l'index de son moteur de recherche. Les internautes pourront ainsi effectuer des fouilles avancées et consulter directement en version numérique le contenu textuel des livres qui les intéresse. Des informations bibliographiques et des liens leur permettront ensuite de commander les ouvrages chez des libraires. Google ne paiera pas de droits d'auteurs en échange du service rendu. Il se rémunérera par l'affichage de liens publicitaires comme c'est déjà le cas aujourd'hui sur son site. Le but de Google n'est pas de vendre des livres mais simplement d'augmenter encore sa base de données, la plus importante à ce jour, qui référence déjà plus de 4 milliards de pages web. Pour l'entreprise californienne, Google Print est ainsi une réponse aux multiples projets de ses puissants concurrents, tels le nouvel annuaire Yahoo, la librairie Amazon avec son récent moteur de recherche A9 (qui utilise d'ailleurs la technologie Google), ou encore le mastodonte informatique Microsoft qui — après s'être longtemps trompé comme toujours pour tout ce qui concerne les grandes avancées tant de la micro-informatique que de l'internet — est en train de prendre le train en marche pour capter le marché des moteurs de recherche (10 milliards de dollars à l'horizon 2008). La firme de Bill Gates s'apprête en effet comme d'habitude à récupérer les innovations et à écraser le secteur avec ses outils propriétaires MSN / Windows. La solution Google Print pourrait cependant intéresser les maisons d'édition car elle permettrait sans doute de donner une visibilité importante aux livres référencés sur cet index performant qui concentre sur lui la plus grande partie des recherches des internautes du monde entier. Le risque est toutefois que ces derniers ne fassent que consulter les pages disponibles sans acheter les livres, nuisant ainsi à ce marché extrêmement fragile. Larry Page et Sergueï Brin affirment que non, car d'une part les livres ne pourront pas être lus en entier puisqu'il n'y aura que 20% de bonnes pages indexées, et d'autre part des sécurités empêcheront de les imprimer ou de les copier. Plusieurs éditeurs anglo-américains tels Penguin, Hyperion, Pearson ou Scholastic entre autres se sont déjà mis sur les rangs (le service n'est n'est pour l'instant disponible que pour les livres de langue anglaise mais il sera bientôt étendu aux autres langues) et Google espère à terme archiver sur l'immense bibliothèque numérique du réseau les milliards de livres en papier qui forment depuis cinq siècles le support de nos savoirs.