Raul Rivero

L'écrivain Raul Rivero, condamné en 2003 à 20 ans d'emprisonnement, a été libéré mardi 30 novembre par les autorités cubaines.

Célèbre journaliste et poète cubain, Raul Rivero, 59 ans, est l'un des 75 dissidents condamnés lors de la vague de répression lancée au printemps 2003 par Fidel Castro. 1453 années de prison furent prononcées lors de sommaires procès à huis clos contre ces militants anti-castristes, journalistes, syndicalistes, bibliothécaires et écrivains, le plus souvent pour "activités contre l'intégrité et la souveraineté de l'Etat", c'est-à-dire pour collaboration avec le gouvernement américain.

Cette remise en liberté conditionnelle est à ce jour la quatorzième à être effectuée par le régime de Fidel Castro, juste après celle d'une autre figure dissidente très connue, celle de l'économiste et journaliste Oscar Espinosa Chepe. Elle intervient au moment où le régime cubain semble vouloir normaliser ses relations avec l'Europe via l'Espagne, ancienne puissance coloniale de la Havane, qui milite au sein de l'UE pour un assouplissement des sanctions et une reprise du dialogue en échange de "gestes" du régime castriste. Une réunion officielle a eu lieu la semaine dernière entre le ministre cubain des Relations extérieures, Felipe Perez Roque, et l'ambassadeur d'Espagne à Cuba, Carlos Alonzo Zaldivar. A la suite de cette rencontre diplomatique de haut niveau 18 dissidents ont été transférés de leur prison vers un hôpital militaire de La Havane d'où ils sont relâchés progressivement par petits groupes.

Interrogé à sa sortie de prison par une radio espagnole, l'écrivain a estimé que sa libération était un geste de Fidel Castro "pour apaiser les tensions". Il a par ailleurs exprimé sa gratitude au gouvernement espagnol et jugé que les sanctions et pressions prônées par les Etats-Unis, qui ne cessent de renforcer un sévère embargo pour obtenir des progrès sur les droits de l'homme à Cuba, "ne fonctionnent jamais bien et ne font que crisper davantage la situation". (...) "les actions des hommes politiques espagnols au cours des derniers mois ont été intelligentes et plus utiles que les positions dures", a-t-il ajouté.

L'organisation Reporters Sans Frontières (RSF), à l'origine du comité de soutien à Raul Rivero, s'est félicité de cette libération et demande aux autorités de La Havane de libérer l'ensemble des autres journalistes emprisonnés (ils étaient 27 sur les 75 dissidents) afin de mettre fin au monopole de l'Etat cubain sur l'information.