Steve Hodel
Steve Hodel

Steve Hodel raconte dans L'affaire du Dahlia noir l'enquête qu'il a menée après la mort de son père pour découvrir que ce dernier est un assassin. Ce n'est pas une fiction mais c'est un vrai bon polar bien noir autour d'une histoire mythique de l'Amérique du milieu du XXe siècle. Tout recommence en 1999, lorsque Steve Hodel trouve dans les affaires personnelles de son père qui vient de mourir des photos intrigantes. Elles représentent Elizabeth Short, la tristement célèbre victime d'un crime atroce qui défraya la chronique. Le matin du 15 janvier 1947, Betty, belle jeune starlette toujours vêtue de noir et à la chevelure de jais — d'où son surnom de "dahlia noir" — est découverte dans un terrain vague, nue, le corps mutilé, lacéré, quasiment coupé en deux, la bouche tranchée jusqu'aux oreilles. Du travail de chirurgien sadique. L'assassin ne fût jamais retrouvé mais policiers, reporters, cinéastes et écrivains — notamment James Ellroy — immortalisent la ténébreuse affaire au fil des ans sous le nom de son involontaire héroïne: "le dahlia noir".

Installé comme détective privé après avoir pris sa retraite du Los Angeles Police Department, Steve Hodel reprend à son compte l'enquête et en arrive aujourd'hui, 57 ans après les faits, à la conclusion que son propre père est bien l'assassin du Dahlia noir. Conclusions certes contestées par certains spécialistes policiers, mais appuyées par de véritables documents d'enquête, rapports, photos et profils psychologiques qui transforment son récit en un palpitant roman vrai à l'américaine. S'y dévoile au fil des pages le portrait de l'étonnant père de l'auteur, respectable médecin — psychiatre et chirurgien — mais aussi musicien de grand talent, médiateur des Nations Unies, ami de personnalités du monde des arts, journaliste judiciaire, spécialiste de Sade, marié quatre fois et surtout et avant tout serial killer en liberté car, selon son fils, Elizabeth Short ne fût que l'une parmi au moins huit victimes.

Et tenez-vous bien, l'une des autres victimes de son père, ou peut-être d'un complice, ne serait que Geneva Ellroy, assassinée également à Los Angeles dans de toutes aussi mystérieuses circonstances en 1958, la propre mère du romancier James Ellroy qui n'avait alors que 10 ans cette année-là. Hanté par cette douloureuse histoire il en tira lui aussi un livre devenu célèbre, Le Dahlia noir, sombre polar inclus dans son Quatuor de Los Angeles. James Ellroy est convaincu par les résultats de l'enquête de Steve Hodel et a même écrit une préface à son livre. Officiellement, l'affaire du meurtre d'Elizabeth Short n'est elle toujours pas classée, mais le détective romancier est sur de nouvelles pistes pour les autres crimes de son père. Ce sera le sujet du prochain livre de Steve Hodel.

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Steve Hodel, L'affaire du Dahlia noir (Éditions du Seuil).