La Mena

France 2 a porté plainte contre X jeudi 18 novembre pour "diffamation publique". Accusée depuis plusieurs mois d'avoir bidonné le fameux reportage diffusé fin septembre 2000 qui montrait l'enfant palestinien Mohammed al Dura tué contre un mur par des tirs de l'armée israélienne, la chaîne entend ainsi se défendre des accusations de désinformation portées contre elle. La directrice de l'information, Arlette Chabot, a organisé un point de presse où ont été diffusés plusieurs films complémentaires démontrant la véracité des faits sur cette affaire. "Depuis six mois, on essaye de lancer une rumeur, selon laquelle France 2 s'était prêtée à une manipulation, que le garçon n'était pas mort, que son père n'avait pas été blessé et que tout ceci avait été une mise en scène complaisamment filmée par France 2", a-t-elle indiquée. Elle a regretté que les accusateurs qui répandent les rumeurs contre France 2, notamment l'agence Metula News Agency (MENA) dont le siège est en Israël et qui a déjà rebaptisé l'AFP Agence France Palestine, n'aient pas daignés être présents. Depuis la diffusion de ces images qui ont fortement nourri le sentiment anti-israélien dans le monde, des associations pro-israéliennes relayées complaisamment par des journalistes tels entre autres Luc Rosenzweig, ex-journaliste du Monde et collaborateur de la Mena, n'ont cessé de reprendre cette rumeur et d'accuser France 2 de désinformation sur le conflit israélo-palestinien. Un livre intitulé Contre-expertise d'une mise en scène a même été publié en janvier 2003 aux éditions Raphaël, accusant clairement Charles Enderlin, correspondant de France 2 dans la région ainsi que le cameraman palestinien Talal Abou Rahmeh qui l'accompagnait ce jour-là, d'avoir manipulé les faits par sympathie pour la cause palestinienne. L'auteur du livre, le psychanalyste et philosophe Gérard Huber, est partie prenante d'un collectif pro-israélien qui a décerné en 2002 un "Prix Goebbels de la désinformation" à Charles Enderlin. Emboîtant le pas à la rumeur le député UMP Roland Blum a récemment interpellé officiellement le gouvernement sur ces questions en mettant en cause l'honnêteté de la télévision française de service public. Enfin l'hebdomadaire L'Express préparait lui aussi, à la suite de la journaliste allemande Esther Shapira qui a émis des doutes sur la scène de fusillade, une "contre-enquête" répercutant ces attaques diffamatoires contre France 2.