Pink TV

Ils étaient environ 2.500 people, drag queens et gay friendly dont Jean-Jacques Aillagon, Bertrand Delanoë, Amélie Mauresmo, Etienne Mougeotte, Michel Blanc, Claudia Cardinale, Nathalie Baye, Claire Chazal, Laurent Ruquier, Michel Field,... entre autres personnalités du Tout-Paris mondain du show-biz et des médias, réunis lundi 25 octobre dans un Palais de Chaillot décoré en rose pour fêter le lancement de Pink TV. Les premières images de la nouvelle chaîne télé ont été émises en direction de ses abonnés vers 20H30 après un compte à rebours du président de la chaîne Pascal Houzelot, ex-conseiller de TF1, accompagné par Line Renaud, marraine de la soirée. La soirée était dédiée en vrac à Alexandre le Grand, Jules César, Marlène Dietrich, Marcel Proust, Greta Garbo et aux homosexuels déportés pendant la seconde guerre mondiale.

Symbole visible de l'évolution des moeurs dans la société après la presse écrite et les multiples émissions à thème gay qui ont récemment envahies le petit écran, PinkTV se veut la première chaîne du Paysage Audiovisuel Français (PAF) entièrement consacrée à la culture homo et lesbienne. Elle ne souhaite toutefois pas s'enfermer dans un ghetto purement homosexuel et se veut "mini-généraliste et ouverte au monde" selon les propos de Pascal Houzelot.

Le lancement mondain de PinkTV ne parvient toutefois pas à cacher qu'il s'agit d'un produit marketing hyper-étudié par ses financiers dans le plus pur style "le métier de TF1 c'est d'aider Coca-Cola à vendre son produit" (Patrick le Lay, TF1). TF1 et Canal Plus sont ses principaux actionnaires, associés pour l'occasion à Lagardère, M6 et Pierre Bergé entre autres, qui ont investi un peu plus de 12 millions d'euros dans cette nouvelle niche à pub accessible par le câble, le satellite et l'ADSL. Pour atteindre les quelque 250.000 abonnements mensuels à 9 euros qu'elle vise, la chaîne programmera surtout, avec l'accord en bonne et dûe forme du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), de nombreux films pornographiques. Quant à la publicité, ciblée pour l'essentiel vers les 5% de la population formant la communauté gay, elle est programmée pour toucher aussi les téléspectateurs consommateurs hétéros simplement "gay friendly" qui sont de plus en plus nombreux. A fort pouvoir d'achat, ce secteur tendance fashion, culture et loisirs investi par les modes de vie homosexuels représente désormais un marché potentiel d'environ 10% des habitudes de consommation de la population française. Une nouvelle part de marché qui n'a pas échappée à quelques gros entrepreneurs avisés de l'audiovisuel français. Après la télé bleue, la télé rose, mais de toute façons et avant tout, de la pub.