Edouard de Rothschild
Edouard de Rothschild

La Société Civile des Personnels de Libération (SCPL) vient en effet "d'accepter d'entrer en négociation exclusive" avec Edouard de Rothschild après le désistement de Vincent Bolloré. Deux hommes d'affaires, Vincent Bolloré et Edouard de Rothschild, s'étaient déclarés interessés pour entrer dans le capital de Libération. Vincent Bolloré souhaitait créer une synergie industrielle entre le journal et son projet de chaîne de télévision numérique terrestre (Direct 8), ce qui pouvait à terme impliquer des interférences sur le contenu et donc sur l'indépendance rédactionnelle de l'équipe, qui conserve toujours une minorité de blocage (33,34 % des droits de vote). Il s'est finalement désisté "amicalement" mardi 30 novembre, indiquant que cet investissement n'était "pas une priorité" pour son groupe et laissant le champ libre à la candidature d'Edouard de Rothschild. L'offre de ce dernier, actuel président de France Galop (organisateur des courses de chevaux en France), semble plus ouverte et moins suceptible de créer des tensions avec la rédaction. Il indique vouloir simplement devenir à titre personnel "un actionnaire de référence à long terme avec pour ambition de créer autour du journal un vrai groupe de presse indépendant et cohérent". Pour ce faire il propose d'acquérir 30 à 35% du capital et met 20 à 25 millions d'euros sur la table, c'est-à-dire à peu près ce dont le journal a besoin en ce moment pour faire face à ses difficultés financières et continuer son développement. Avec l'accord ce jour de la SCPL et si tout se passe bien lors des négociations, Edouard — fils de Guy (ancien président de la banque Rothschild) et demi-frère de David (associé-gérant de Rothschild et Cie) — devrait donc occuper une bonne place dans les futurs conseils d'administration de l'ex-quotidien révolutionnaire d'extrême-gauche devenu l'organe des bobos libéraux de centre droit.