Valéry Giscard d'Estaing

Le fauteuil numéro 16 de l'Académie française reçoit officiellement jeudi 16 décembre un nouvel illustre occupant en la personne de Valéry Giscard d'Estaing, élu le 11 décembre 2003. Suivant l'usage, le nouvel académicien déclamera un discours d'éloge de son prédécesseur à cette place, le poète et président du Sénégal Léopold Sédar Senghor, décédé en décembre 2001. Jean-Marie Rouart lui fera une "réponse" officielle.

Valéry Giscard d'Estaing a déjà reçu des mains de l'incontournable Jean d'Ormesson et en présence du tout-Paris des Lettres et de la Politique sa panoplie d'académicien — épée (en réalité sa propre épée recyclée de polytechnicien), bicorne, cape et habit vert — lors d'une cérémonie qui s'est déroulée mercredi 15 décembre au Musée d'Orsay. Accessoirement, cette petite soirée mondaine a coûté quelque 18.000 euros au Ministère de la Culture.

Le 16 juin dernier, VGE avait également été adoubé par le chef de l'Etat Jacques Chirac, protecteur de l'Académie, qui avait donné son "plein agrément" à cette élection sous la Coupole, malgré l'opposition d'un groupe d'immortels en colère menés par Maurice Druon. Ces frondeurs — de farouches gaullistes — estimaient que l'entrée de Giscard d'Estaing à l'Académie française devait moins à ses talents littéraires qu'à sa carrière politique. Le public restera juge en lisant les oeuvres du nouvel immortel, entre autres : Le Passage (roman, 1994), Démocratie française (Essai, 1976), Le Pouvoir et la Vie (Mémoires, en deux tomes, 1988 et 1990), Les Français, réflexions sur le destin d'un peuple (Essai, 2000) ou Une Constitution pour l'Europe (Essai, 2003).