Marie Nimier

Les dictionnaires de littérature française mentionnent tous le nom de Roger Nimier (pseudonyme de Roger de La Perrière - 1925-1962, etc). Ils devront bientôt rajouter celui de Marie Nimier (1957 -...), fille de. Cette dernière, dont l'oeuvre — 8 romans, dont entre autres Domino et La nouvelle pornographie — commence à se déployer dans de larges dimensions vient d'obtenir le Prix Médicis 2004 pour son dernier livre, La reine du silence, publié chez Gallimard.La reine du silence est justement un roman-quête sur ce père écrivain, scénariste, éditeur et journaliste brillant de la France littéraire du milieu du XXe siècle. Figure majeure des "Hussards" — groupe de jeunes écrivains de droite qui compta entre autres Antoine Blondin, Jacques Laurent et Michel Déon dans ses rangs --, il disparût en pleine gloire dans un accident de voiture en 1962, à l'âge de 37 ans. Marie Nimier revient sur cette disparition et sur les liens qu'elle tissa avec ce père, fantôme et écrivain qui la baptisa un jour "La reine du silence" et qui la hante depuis si longtemps. Sans trop se complaire dans l'autofiction, elle fouille ses souvenirs, interroge ceux qui le connurent, questionne le père, critique l'écrivain, excuse l'homme, lui dit tout dans le silence d'un récit intime et sincère. "J'avais 5 ans. (...) Que serais-je devenue si mon père n'était pas mort prématurément ? (...) Que pourrait bien dire la Reine du silence, sans y perdre son titre et l'affection de son papa ? (...) Comment, à la fois, parler et ne pas parler", écrit aujourd'hui Marie Nimier.