Brigitte Bardot
Brigitte Bardot

Brigitte Bardot a comparu jeudi 7 mai devant la 17ème Chambre du Tribunal correctionnel de Paris. Déjà condamnée à trois reprises dans des affaires de haine raciale, notamment en 2001 pour un pamphlet intitulé Lettre ouverte à ma France perdue, elle est de nouveau accusée de "provocation à la haine, la discrimination ou la violence raciale" par le MRAP et la Ligue des Droits de l'Homme.
L'ex-actrice vedette du cinéma français aujourd'hui âgée de 70 ans a été assignée — ainsi que son éditeur, les éditions du Rocher — pour certains passages de Un cri dans le silence, son dernier livre paru en mai 2003, déjà vendu à plus de 300.000 exemplaires. On lui reproche entre autres déclarations outrancières d'avoir écrit ceci: "Nous voilà réduits à tirer une fierté politiquement correcte à nous mélanger, à brasser nos gênes, à faire allégeance de nos souches afin de laisser croiser à jamais nos descendances par des prédominances laïques ou religieuses fanatiquement issues de nos antagonismes les plus viscéraux", ainsi que : "Je suis contre l'islamisation de la France ! Cette allégeance obligatoire, cette soumission forcée me dégoûtent... nos aïeux, les anciens, nos grands-pères, nos pères, ont donné leur vie depuis des siècles pour chasser les envahisseurs successifs", ou encore : "On n'a plus le droit d'être scandalisé quand des clandestins ou des gueux profanent et prennent d'assaut nos églises pour les transformer en porcheries humaines, chiant derrière l'autel, pissant contre les colonnes, étalant leurs odeurs nauséabondes sous les voûtes sacrées des choeurs". Des écrits qui sonnent étrangement proches de ceux d'une autre ex-star, mais du journalisme, la très islamophobe Oriana Fallaci qui dénonce elle aussi très hargneusement la culture arabe et le métissage des races. Pour le MRAP qui estime que "le racisme n'est pas une opinion en France mais un délit" et que Brigitte Bardot est une "multirécidiviste", de tels propos "renferment sans aucune équivoque une véritable provocation à la haine et à la discrimination raciale". L'ex belle ingénue fan de Jean-Marie Le Pen, en larmes devant le tribunal, s'est défendue de vouloir blesser les musulmans. "Je ne fais de mal à personne, c'est une opinion personnelle. (...). C'est sûr, je ne suis pas Balzac. J'ai une façon de m'exprimer qui peut heurter mais je ne veux pas faire de mal. (...) Si j'ai fait du mal à quelqu'un, j'en suis désolée", plaide-t-elle. Le procureur de la République a dénoncé le livre comme un véritable "cri de haine" et demandé la condamnation, sans préciser de peine. Le jugement a été mis en délibéré au 10 juin.