Mazarine Pingeot
Mazarine Pingeot

Plusieurs éditeurs, auteurs, critiques et libraires se sont montrés choqués par l'opération-marketing accompagnant la parution du roman de Mazarine Pingeot, la fille de François Mitterrand, alors que des premiers romans sortent tous les jours dans la confidentialité. "Mazarine Pingeot voulait devenir écrivain. Elle n'est parvenue pour l'heure qu'à devenir un personnage sulfureux de plus dans la très juteuse saga Mitterrand, plus que jamais tombée dans le domaine public", écrit le magazine de la profession, Livres-Hebdo.

Premier roman est paru chez Julliard où l'on se dit très satisfait des premières ventes. Le livre a été tiré à 50.000 exemplaires, suivi de trois réimpressions à 10.000 exemplaires chacune. Des libraires parisiens disent toutefois que, sous l'effet de la curiosité, le livre s'est bien vendu au début mais que cette tendance commençait à s'essouffler. Le livre a été éreinté par une partie de la critique. Libération a parlé "d'écriture pitoyablement insignifiante" et le Journal du Dimanche a estimé que, dans ce "petit roman", "on ne compte plus les naïvetés". Assurant détester les médias, Mazarine Pingeot a soigneusement choisi, pour promouvoir son livre, ses interlocuteurs: Le Monde, Le Nouvel Observateur et TF1. Le premier a consacré deux articles à "l'événement", invoquant sous la plume de sa rédactrice en chef Josyane Savigneau, qui confirme là une fois de plus son grand talent de critique littéraire, les mânes de Simone de Beauvoir et de Marguerite Yourcenar. Le second en a fait sa Une, tandis que Michel Field a consacré son émission du dimanche à 19 heures, Public, à Mazarine Pingeot. Un numéro de Public par ailleurs très controversé puisqu'il a été co-produit par les dirigeants de Julliard, a révélé le Canard Enchaîné qui a commenté: c'est "un peu comme si Astra produisait une émission critique sur la margarine". En province aussi, "l'opération Mazarine" a été vivement critiquée. Ainsi, Sud-Ouest a écrit: "voilà ce que Michel Field aurait pu dire: "si Mazarine et moi-même avons le même éditeur, cela relève du simple hasard". "On cherche à publier de bons bouquins authentiques et voilà le résultat: on donne au public l'impression de magouiller", résume une responsable d'une maison d'édition parisienne. Le PDG des éditions de Minuit, Jérôme Lindon, a reproché quant à lui au journal Le Monde d'avoir accordé un "traitement royal" à la fille de l'ancien Président. "Laissons Mademoiselle Pingeot croire, ou affecter de croire, qu'elle ne doit l'accueil sensationnel fait à son livre qu'à ses qualités d'écriture et admirons la stratégie commerciale de l'éditeur", a-t-il ajouté.