Julien Gracq
Julien Gracq

Julien Gracq, un des plus grands écrivains français et aussi un des plus discrets, assure "prendre rang, professionnellement, parmi les survivances folkloriques appréciées qu'on signale aux étrangers, auprès du pain Poilane et des jambons fumés chez l'habitant".

Ce propos est extrait de textes inédits publiés dans Le Monde du 12 février, au côté d'un portrait de l'écrivain, écrit par un journaliste de La Voix du Nord, Joseph Raguin. Ce dernier a plusieurs fois rencontré Julien Gracq l'an passé dans sa maison de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), là même où il naquit en 1910. Dans ce portrait, on apprend qu'il trouve "un ton neuf" au roman de Michel Houellebecq, Les particules élémentaires, qu'il a été invité trois fois à l'Elysée par François Mitterrand mais qu'il refusa "poliment" à chaque fois, qu'il préfère l'Espagne à l'Italie ou que beaucoup d'habitants de sa commune ne le connaissent pas.

Dans un des inédits, Gracq écrit: "en littérature, je n'ai plus de confrères. Dans l'espace d'un demi-siècle, les us et coutumes neufs de la corporation m'ont laissé en arrière un à un au fil des années. J'ignore non seulement l'ordinateur, le CD-rom et le traitement de texte mais même la machine à écrire, le livre de poche et, d'une façon générale, les voies et les moyens de promotion modernes qui font prospérer les ouvrages des belles-lettres".

Julien Gracq (de son vrai nom Louis Poirier) a été professeur de géographie à Paris de 1947 à 1970. Auteur de 17 livres, rassemblés en deux volumes dans la collection de la Pléïade (1989 et 1995), il a refusé le prix Goncourt en 1951 pour Le Rivage des Syrtes. Son oeuvre est traduite en plusieurs langues.