Stéphane Bern

Le roman de Stéphane Bern, Moi, Amélie, dernière reine du Portugal, est une biographie romancée de la reine Amélie d'Orléans, princesse de France, épouse de Dom Carlos. Sous forme de mémoires apocryphes, ce roman fait revivre, dans une écriture imagée, vivante, le destin tragique et hors normes de cette reine, figure de légende au Portugal, méconnue en France. La première scène est emblématique de ce destin: son mari, Carlos 1er et son fils aîné sont tués sous ses yeux, le 1er février 1908, en plein Lisbonne,alors qu'ils circulaient dans un landau découvert.

Ce roman permet de découvrir, au-delà de l'image de cette femme de devoir, très pieuse, une "femme de chair et de sang", selon Stéphane Bern. C'est également une initiation à une époque, des lieux — du palais des Necessidades à Lisbonne, aux châteaux de Pena, ou de Vila Viçosa --, qui ont souvent gardé fidèlement son souvenir. Née en 1865 à Londres, où ses parents, Louis-Philippe d'Orléans, comte de Paris et sa mère Isabelle d'Orléans-Montpensier, sont en exil, Amélie est l'arrière petite-fille du roi Louis-Philippe. Elle dit n'avoir pas aimé son enfance — sa mère pleura à chaudes larmes à sa naissance — parce qu'elle fut élevée "sans douceur". Amélie connaîtra des moments de bonheur avec ce "prince venu du Tage", Dom Carlos de Bragance, qu'elle épouse en 1886, mais elle perd une fille à la naissance. "J'avais deviné que je portais malheur", dit-elle. Carlos prend ses distances "craignant sans doute que la violence, le malheur et la mort ne l'atteignent comme s'il s'agissait de maladies contagieuses". Après la mort de son mari, son deuxième fils Manuel II, est chassé par la révolution en 1910. Elle connaitra ensuite l'exil et les guerres avant de mourir au Chesnay en 1951.

Stéphane Bern est "chroniqueur royal". Il connaît son Gotha sur le bout des doigts et a travaillé plusieurs mois au Portugal, apprenant la langue, pour reconstituer ce destin, avec les documents d'époque. En France, il a eu accès, grâce au Comte de Paris, au journal intime et à la correspondance de sa tante.