Didier Mathus
Didier Mathus

Le député PS Didier Mathus demande au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) quelle mesure il entend prendre pour mettre un terme à cette "anomalie démocratique" qu'est "l'omniprésence médiatique" de Nicolas Sarkozy.

Dans une lettre adressée jeudi 19 juillet à Michel Boyon, président du CSA, l'élu de Saône-et-loire demande d'adapter la règle dite des trois tiers. Celle-ci prévoit normalement une répartition égale du temps de parole dans les médias audiovisuels entre la majorité, le gouvernement et l'opposition. Elle ne décompte pas le temps de parole du Président de la République, institutionnellement situé en "arbitre" et ne s'exprimant donc pas "au nom d'un parti ou d'un groupement politique", ainsi que l'a précisé une décision du Conseil d'Etat d'avril 2005. Mais depuis la dernière élection présidentielle, comme il n'aura sans doute échappé à personne, Nicolas Sarkozy monopolise non seulement tout le temps de parole disponible — octroyé d'ailleurs avec une certaine complaisance et beaucoup de servilité par la plupart des grands médias — mais il se revendique lui-même clairement comme "chef de la majorité". En toute logique son temps de parole devrait donc au moins être pris en compte sur celui de la majorité.

Selon Didier Mathus, "l'omniprésence médiatique et la volubilité" du nouveau Président de la République rend totalement caduque et obsolète la règle des trois tiers qui prévalait jusqu'à présent. Pointant le "déséquilibre massif dû aux interventions quasi-quotidiennes du chef de l'Etat", ajouté à "l'étonnante révérence des médias à son égard", il demande au CSA d'agir "pour que les règles du jeu soient adaptées à cette nouvelle donne" et que soit mis un terme à cette "anomalie démocratique".

Le CSA — actuellement composé de neuf "Sages" tous élus par la droite — n'a pas encore répondu au courrier mais un arbitrage pourrait être rendu dès cet automne, peut-être même avant la rentrée parlementaire qui verrait Didier Mathus interroger François Fillon sur le sujet à l'Assemblée Nationale. En attendant, les français devront encore supporter à longueur de journal télévisé la logorrhée sarkozyste.