Serge Bilé
Serge Bilé

C'est une première pour un prix littéraire. Le groupe France Télévisions, organisateur du prix littéraire du même nom, a été condamné mercredi 6 juin par le Tribunal de Grande Instance de Paris à verser 10.000 euros de dommages et intérêts à l'écrivain Serge Bilé qui a été floué en tant que candidat au Prix Essai France Télévisions 2005, plus 2.000 euros d'amende en application du nouveau Code de procédure civile.

L'écrivain accusait les organisateurs du prix présidé par Bernard Pivot d'avoir délibérément faussé les résultats du vote en mettant en cause son livre, Noirs dans les camps nazis, alors qu'il était en tête à l'issue du premier tour. Bernard Pivot et Katia Martin, responsable des prix littéraires de France Télévisions, avaient fait pression entre les deux tours sur les jurés téléspectateurs en leur indiquant, sans la moindre preuve, que le livre de Serge Bilé comportait des erreurs sur certains points historiques et qu'il faisait même l'objet d'une expertise par deux historiens allemands. Les magistrats ont estimé que ces affirmations sans fondement avaient influencé le vote des jurés — ce que certains d'entre eux ont reconnu pendant la procédure — privant ainsi l'auteur d'une récompense possible car son concurrent, Jean-Pierre Vernant, n'a finalement obtenu le prix que par 13 voix contre 11 au cinquième tour de scrutin.

Serge Bilé s'est félicité d'avoir gagné son procès, rappelant que l'avocat de France Télévision avait proposé en octobre 2005 de lui verser 3.000 euros contre l'abandon de la procédure. Il attend également toujours la fameuse expertise des historiens allemands.

Noirs dans les camps nazis aborde un aspect totalement méconnu de l'histoire du XXe siècle: la déportation des Noirs dans les camps de concentration et les camps d'extermination de l'Allemagne nazie. L'ouvrage révèle aussi que les premiers camps de concentration furent construits en Namibie dès 1904 pour éliminer le peuple noir Herero.

D'origine ivoirienne, Serge Bilé a dû subir plusieurs attaques menées dans les médias par certains intellectuels communautaristes juifs et historiens-idéologues qui l'accusent de manque de rigueur dans ses travaux de recherche et de "propagande pour les Noirs".