L'été des libraires

Les libraires indépendants ont sélectionné douze livres parus récemment, douze coups de coeur dont ils conseillent la lecture cet été.

• Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier (Traduit de l'allemand (Suisse) par Nicole Casanova, Éditions Maren Sell): Un roman d'une grande finesse littéraire, où la vie rangée d'un professeur de philosophie dérape sous l'influence d'un poème portugais. Ceux qui aiment Pessoa prendront le train !.

• A la vitesse de la lumière roman de Javier Cercas (Traduit de l'espagnol par Aleksandar Grujicic et Elisabeth Beyer, Éditions Actes Sud: La rencontre improbable du narrateur, un écrivain espagnol, avec un vétéran de la guerre du Vietnam. Un livre fort sur la culpabilité, les ravages du succès et les pouvoirs de la littérature.

• La vie rêvée des plantes de Seung-U Lee (Traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet, Éditions Zulma): On glisse délicatement du polar sordide vers une bouleversante introspection familiale dans cette confession impudique et violente qui vous prendra à la gorge. Voici le livre auquel vous ne vous attendiez pas.

• Pas facile de voler des chevaux de Per Petterson (Traduit du norvégien par Terje Sinding, Éditions Gallimard): Un vieil homme se souvient que derrière la magie d'un été norvégien s'est dénouée la relation avec son père. Dans un style limpide et habité, Per Petterson enchante le lecteur avec ce roman initiatique d'une sereine mélancolie.

• Un goût de rouille et d'os (Traduit de l'anglais (Canada) par Anne Wicke, Éditions Albin Michel): Il se dégage de ces nouvelles une puissance hors du commun qui place d'emblée le jeune Davidson aux côtés du très convoité Raymond Carver. Huit histoires, huit coups durs, huit rounds sans chiqué sur le ring de l'existence.

• Blessés de Percival Everett (Traduit de l'américain par Anne-Laure Tissut, Éditions Actes Sud): Sur fond de racisme et de crime homophobe, laissez-vous embarquer dans une affaire bien sombre où errements du coeur et intrigue policière s'entrecroisent pour le plus sensible des thrillers.

• Ouest de François Vallejo (Éditions Viviane Hamy): Mystérieux et pénétrant comme du Chabrol, Ouest affirme son caractère inactuel avec un bel aplomb. La magie de l'écriture de Vallejo modèle paysages et caractères pour composer la toile troublante d'un drôle de drame.

• Toutes ces vies qu'on abandonne de Virginie Ollagnier (Éditions Liana Levi: Un premier roman subtil et maîtrisé, où le destin des personnages principaux hésite entre sensibilité et mémoire des corps. Une jeune romancière à suivre de très près.

• Bonne nuit, doux prince de Pierre Charras (Éditions Mercure de France): Toute l'oeuvre de Pierre Charras confine à cette humanité sans travestissement. Dans une langue hautement poétique et d'une justesse salvatrice, le narrateur de ce bref roman dresse le portrait bouleversant d'un père disparu.

• La véranda de Robert Alexis (Editions José Corti): L'inspiration de Robert Alexis vient d'un monde révolu qui fut l'une des lumières de l'Europe avant que ne s'installe la barbarie. Il marche à sa cadence dans les pas d'Arthur Schnitzler et de Robert Walser. Visiblement féru de mystères délicats et de voluptés orientales, il illuminera votre été avec cette splendide Véranda.

• Les adolescents troglodytes de Emmanuelle Pagano (Éditions POL): Une grotte perdue au coeur du plateau ardéchois accueille les personnages mobiles de cette surprenante fiction répétitive, ensorcelante et délicate.

• Puisque rien ne dure de Laurence Tardieu (Éditions Stock): Avec une retenue et une sensibilité hors du commun, Laurence Tardieu trace les pointillés d'une vie de couple brisée par la mort de leur fille. Cette histoire bouleversante se niche là où le coeur se serre.