BBN Technologies

Selon les experts qui planchent sur le sujet depuis quelques années, l'Internet doit être entièrement repensé dans son infrastructure même et rebâti à partir de zéro sur une nouvelle architecture afin de le rendre plus fiable, plus mobile et plus facile à gérer. Aux Etats-Unis, la National Science Fondation (NSF) finance dans ce but plusieurs programmes de recherche universitaire à travers le Future Internet Network Design (FIND) dont la mission est de mettre en place cet Internet de demain.

L'un des programmes phares de la restructuration, le Global Environment for Network Innovation (GENI), initié en 2005 au département des sciences informatiques de l'Université de Princeton sous la houlette de Larry Peterson, vient de passer cette semaine une étape importante en se voyant accorder de nouveaux budgets et surtout en étant confié à un chef de projet unique chargé de sa supervision. Ce nouveau pilote n'est autre que BBN Technologies, l'un des pionniers à l'origine de la création de l'Internet. C'est en effet BBN (Bolt Beranek and Newman) qui, à la fin des années '60, développa pour le Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) l'ARPANET (Advanced Research Projects Agency Network), sorte d'internet primitif qui reliait ensemble via un nouveau système de noeuds de raccordement et de protocole de communication les ordinateurs de quatre universités américaines. Ce sont également ses chercheurs qui créèrent les premières messageries e-mail en utilisant notamment le symbole @.

BBN Technologies recevra 10 millions de dollars pour coordonner les travaux sur le GENI, mettre en place les installations expérimentales nécessaires, concevoir l'infrastructure finale et planifier sa mise en oeuvre à l'horizon 2011. L'une des principales difficultés de sa tâche sera sans doute de trouver les solutions de migration progressive de l'Internet existant vers le futur réseau.

La mise en oeuvre du GENI devrait coûter au total quelque 350 millions de dollars auquels il faudra évidemment ajouter à terme plusieurs milliards de dollars pour la réécriture des programmes informatiques qui devront être adaptés aux nouveaux protocoles et le remplacement des équipements dans le monde entier.