Julien Green
Julien Green

La Cour de cassation de Paris a rejeté le pourvoi de Jean-Eric Green, héritier de Julien Green, dans le procès contre les éditions Fayard. Elle a cependant annulé l'obligation qui lui avait été faite par la cour d'appel de remettre à l'éditeur le manuscrit En avant par dessus les tombes qu'il déclarait avoir déjà donné.

A l'origine, le fils et légataire universel de l'écrivain décédé le 13 août 1998, formulait trois reproches aux éditions Arthème Fayard: trop de livres mis au pilon, trop de livres envoyés en service de presse et surtout un tirage inférieur au minimum fixé par les contrats. Son avocat, Me Olivier Sers, avait expliqué que le rôle de l'éditeur n'était pas seulement d'imprimer des livres mais aussi "de soutenir et nourrir l'enfant (l'oeuvre) que l'auteur lui confie". Or, à ses yeux, la confiance que Julien Green avait envers son éditeur avait été trahie car il ne faisait aucun effort pour son auteur. Il attendait simplement sa mort pour rentabiliser l'investissement d'avoir réédité ses livres. Fayard avait plaidé au contraire l'excellence des relations nouées entre Claude Durand (le PDG de Fayard), son directeur général Olivier Bétourné (qui suivait déjà l'auteur au Seuil) et Julien Green, en se référant à des courriers, témoignages et dédicaces de l'écrivain, et avait avancé que les livres en service de presse avaient permis de nombreux articles, "difficiles à obtenir quand il s'agit de simples rééditions". Quant aux pilons, il s'agissait de retours des libraires, "jamais de livres neufs". Le tribunal n'avait pas suivi ces arguments et avait prononcé la résiliation judiciaire de 25 contrats d'édition aux torts exclusifs de Fayard en le condamnant à payer également 15.245 euros de dommages-intérêts à Jean-Eric Green. Ce jugement avait été infirmé par la cour d'appel de Paris le 20 décembre 2000, ce que contestait M. Green en cassation.