Jonathan Littell
Jonathan Littell

L'écrivain de nationalité américaine Jonathan Littell, lauréat du Prix Goncourt 2006 et du Grand prix du roman de l'Académie française 2006 pour Les Bienveillantes (éditions Gallimard), a été naturalisé français aux termes d'un décret paru au Journal Officiel du jeudi 8 mars 2007.

Né le 10 octobre 1967 à New York d'un père juif américain auteur de romans d'espionnage, Jonathan Littell a suivi ses études secondaires au Lycée Fénelon de Paris, où il a passé le Bac en 1985, avant de continuer ses études à l'université de Yale (Etats-Unis) dont il sortira diplômé en Art et littérature. Il avait demandé la nationalité française avant la sortie des Bienveillantes, mais sa requête a été refusée deux fois pour d'obscures raisons administratives par les services français (en février puis en mai 2006). Disposant désormais d'une notoriété et d'une source de revenus en France, l'écrivain qui vit actuellement à Barcelone (Espagne) a pu bénéficier de la bienveillance du premier ministre Dominique de Villepin et du ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy. Les services de ces derniers ont trouvé un article sur mesure dans le Code de la nationalité concernant les personnalités oeuvrant au "rayonnement de la culture française", afin de le naturaliser français par décret sans qu'il ait même à recommencer les démarches administratives. Une attention particulière que les millions d'étrangers lambda en attente de naturalisation aimeraient sans doute voir aussi apporter à leur cas, à l'heure où Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur et candidat de la droite extrême à la présidence de la République, lance lui l'idée toute lepeniste de création d'un nouveau ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale qui n'augure rien de bon pour eux.

Les Bienveillantes est un pavé de plus de 900 pages qui relate les confessions d'un ancien SS. Mal écrit directement en français et publié en août 2006 chez Gallimard, le livre a été propulsé par une intense campagne médiatique. Il s'est vendu à environ 600.000 exemplaires à ce jour selon Gallimard, mais la grande majorité des acheteurs n'a semble-t-il jamais pu le lire en entier.