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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

Ségolène Royal

Ségolène Royal

Double dose de lexomil pour Nicolas Sarkozy au matin du 20 février. Sa rivale à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, l'a battu à plates coutures à l'audimat lors de l'émission de TF1 J'ai une question à vous poser. La candidate socialiste a rassemblé en moyenne 8,91 millions de téléspectateurs (soit 37% de parts de marché), contre 8,24 millions (33% de parts de marché) pour Nicolas Sarkozy le 05 février dernier. Selon l'institut Médiamétrie, elle a même connu un pic à 10,6 millions de téléspectateurs juste après 21H30 et s'est placée en tête d'audience de tous les programmes télés de la soirée. Si l'on ajoute le fait que Ségolène Royal a été programmée en période de vacances scolaires -- qui compte généralement beaucoup moins de français devant leur poste de télé -- sa victoire est éclatante face à un Nicolas Sarkozy qui bénéficiait, en plus, de l'attrait de la nouveauté pour la nouvelle émission politique "citoyenne" de la chaîne de ses amis Martin Bouygues et Patrick le Lay. Le petit Napoléon de la droite néo-conservatrice et néo-libérale qui caracole en tête des sondages hasardeux n'avait même pas franchi la barre des 10 millions de téléspectateurs au plus haut niveau de sa prestation. Le 12 février, les passages de Jean-Marie Le Pen, Marie-George Buffet, Olivier Besancenot et Philippe de Villiers n'avaient eux été suivis que par 6,4 millions de Français

Mais plus encore qu'en termes d'audience, Ségolène Royal a été meilleure que Nicolas Sarkozy. Elle a de toute évidence passé avec succès cet "examen" où les médias attendaient avec gourmandise le moindre faux pas pour cette fois finir de la canarder définitivement. Détendue, convaincante, claire et précise dans les réponses fournies aux invités de TF1 venus l'interroger, elle a pu exposer une partie de son programme, qui se révèle en fin de compte plus réaliste et plus précisément chiffré que celui de Nicolas Sarkozy, malgré ce qu'en disent de nombreux journalistes pour le moins guère professionnels, sinon franchement "sarkosyzés" (comme on dit "berlusconisé" en Italie). "Sereine et solide", elle a détaillé pendant près de deux heures quelques-unes de ses 100 propositions pour une France plus juste et plus solidaire -- notamment en matière d'éducation, de chômage, de logement, de retraites, de SMIC, d'immigration, de problèmes des banlieues ou d'aide aux entreprises vertueuses --, et aussi "plus apaisée", donc en fin de compte "plus dynamique" que celle promise par le candidat des privilégiés qui "dresse les gens les uns contre les autres". L'émission a sans nul doute aussi été pour les français l'occasion de constater que l'ex-ministre socialiste, actuelle présidente de Poitou-Charentes, n'est pas l'incompétente dont les médias se sont plus à présenter une image caricaturale ces dernières semaines, pas plus qu'elle ne peut être cataloguée sous l'autre image-cliché du moment, celle d'une "mère de la nation" compassionnelle qui serait attendue par des français immatures. Si personne n'est bien entendu dupe de son jeu classique de femme politique "proche des gens", elle a aussi pu montrer que son approche "féminine" des choses peut être un véritable atout pour une France moderne. "J'assume mon identité de femme. (...) Je pense que le moment est venu pour la France d'avoir une femme à la présidence de la République", a-t-elle affirmé.