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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

José Bové

José Bové

José Bové est officiellement candidat à l'élection présidentielle d'avril 2007. "J'ai décidé d'accepter que mon nom incarne, sur le bulletin de vote, la volonté commune de battre la droite et l'extrême droite et de redonner l'espoir d'une alternative à gauche".

C'est à la Bourse du travail de Saint-Denis, ville du député-maire communiste refondateur Patrick Braouezec, située au coeur de l'emblématique "9-3" (Seine-Saint-Denis) symbole s'il en est de la "Banlieue" -- c'est-à-dire d'une "France invisible" mais bien vivante des travailleurs, des immigrés, des pauvres, de la racaille, du Non (à Sarkozy, à Le Pen, à l'Europe néo-libérale et ultra-capitaliste), des déçus de la Gauche socialiste, des abstentionistes et des laissés pour compte de tous bords qui ont perdu toute illusion sur le monde politique traditionnel -- que José Bové a annoncé son entrée dans la course à l'Elysée. Précisant que sa candidature n'était pas celle d'un parti mais "une candidature collective" issue d'un "rassemblement de forces et de citoyens du mouvement social, du monde syndical, de courants politiques et des associations de l'immigration qui aspirent à l'unité de cette gauche-là", le leader altermondialiste a estimé qu'il était temps de "décréter l'insurrection électorale contre le libéralisme économique" et de porter la voix "des sans-voix, de ces millions de citoyennes et de citoyens qui souffrent de la précarisation sociale et des discriminations". À tous ces gens, José Bové veut dire "que l'abstention ou le vote Le Pen conduisent tout droit à l'élection de Nicolas Sarkozy, un homme dangereux pour notre pays, un ami de Blair et de Bush qui prépare une République communautariste et atlantiste".

L'objectif de José Bové est d'incarner une vraie alternative de Gauche et de couvrir l'arc-en-ciel qui va du rouge au vert, en passant par l'extrême-gauche, les communistes, les écologistes, les altermondialistes, les anti-libéraux et, in fine, tout ce que la France compte d'opposants et de résistants contre l'ordre mondial des riches, des puissants et des arrogants promis par les deux petits bouffons en chef de la Droite extrême, Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen. Son programme, qui entend répondre à la fois à l'urgence sociale, au "vivre ensemble", à l'expression citoyenne des exclus du système, à l'écologie et à l'antilibéralisme, reprend d'ores et déjà les 125 propositions élaborées à l'automne dernier par les collectifs unitaires anti-libéraux et portant en premier lieu sur les questions de sécurité de l'emploi, de lutte contre la flexibilité, de garantie des minima sociaux et de lutte contre le néo-libéralisme et la mondialisation sauvage. Une série "d'actions non violentes" rythmeront sa campagne, du moins jusqu'au 11 mars, date à laquelle un premier bilan sera tiré et où sera décidé la poursuite ou non de la candidature. Pour le syndicaliste paysan, il reste en effet à trouver les 500 signatures d'élus indispensables pour se présenter officiellement à l'élection présidentielle, ce qui n'est pas évident à 2 mois du premier tour. Selon son entourage, 200 parrainages sont cependant d'ores et déjà acquis à ce jour et de nombreux autres pourraient venir des centaines de maires ayant déclaré leur commune "zone sans OGM".

De nombreuses personnalités de la société civile ainsi que plusieurs responsables politiques membres de la mouvance anti-libérale comme entre autres Clémentine Autain (adjointe apparentée PC au maire de Paris), Patrick Braouezec (PCF), Yves Salesse (Fondation Copernic), Christian Picquet (LCR), Francine Bavay (Verts, suspendue autoritairement de la direction de son parti à cause de cet engagement) ou encore Claude Debons (CGT), se sont ralliés à sa candidature avec quelque 32.000 autres signataires de la pétition Unis avec Bové. Tous demandaient son retour dans la course malgré l'élection de Marie-Georges Buffet à la tête du Collectif National d'Initiative pour un Rassemblement Anti-libéral de Gauche.

Histoire de pimenter l'aventure, l'ancien syndicaliste paysan risque toutefois de devoir piloter sa campagne depuis une cellule de prison car il est sous la menace d'une nouvelle incarcération. Les juges de la Cour de Cassation doivent en effet rendre une décision le 7 février prochain, confirmant ou non sa condamnation à quatre mois de prison ferme pour un fauchage de champ de maïs transgénique en 2004. Son premier meeting de campagne est prévu le même jour à Aubagne (Bouches-du-Rhône). "Le fait de m'incarcérer n'empêchera pas ma parole (..) et "ça réglera le problème du QG de campagne", a-t-il ironisé.

Pour les deux autres principaux candidats de la gauche de la Gauche, Olivier Besancenot (LCR) et Marie-Georges Buffet (Parti Communiste), la candidature de José Bové n'est pas une très bonne nouvelle. La LCR se partage en deux et au PCF de nombreux militants et élus soutiennent José Bové plutôt que Marie-Georges Buffet. La nouvelle l'est encore moins pour Dominique Voynet, représentante des Verts, qui vient tout juste d'investir des médias bienveillants pour déployer sa campagne après le renoncement de Nicolas Hulot et qui voit arriver sur son pré-carré un militant anti-nucléaire et anti-OGM autrement plus authentique et plus activiste qu'elle. Tous risquent de voir fondre les quelque 3% d'intentions de vote en moyenne dont les sondages les créditent actuellement. José Bové, personnalité de la société civile donc comme Nicolas Hulot situé en dehors des partis politiques traditionnels, possède en effet une popularité et un taux de sympathie dans l'opinion dont ils ne bénéficient pas eux-mêmes, et ses thèmes de campagne ratissent largement sur leurs plate-bandes. Selon un sondage CSA-Le Parisien du 30 janvier, 32% des sympathisants de gauche et 48% des sympathisants Verts souhaitaient qu'il se lance dans la course à l'Elysée. Si sa campagne parvient à percer dans l'opinion malgré l'hostilité et les effets d'image pervers des grands médias (qui soutiennent eux plus qu'ostentatoirement Nicolas Sarkozy), José Bové pourrait même gêner sérieusement Ségolène Royal (qui ne bénéficie pas d'une adhésion totale des militants socialistes), voire -- en cas de re-mobilisation massive de l'électorat qui a voté Non au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen --, devenir le troisième homme de la campagne électorale en place de Jean-Marie Le Pen (Front National) et François Bayrou (UDF).