Centre Georges Pompidou
Centre Georges Pompidou

Le Centre Pompidou célèbre ses trente ans. Inauguré le 31 janvier 1977 par le président Valéry Giscard d'Estaing, cet établissement public national à caractère culturel voulu par l'ancien président de la République Georges Pompidou possède aujourd'hui 59.000 oeuvres d'art moderne et contemporain, soit la deuxième collection au monde après le MoMA (Musée d'Art moderne de New York). Il est aussi devenu le troisième monument le plus visité en France après la Tour Eiffel et le musée du Louvre, comptabilisant quelque 180 millions de visiteurs depuis son ouverture. Lieu culturel vivant et cosmopolite il abrite notamment le Musée National d'Art Moderne Centre de Création Industrielle (MNAM / CCI), la Bibliothèque Publique d'Information (BPI), L'Institut de Recherche Coordination Acoustique Musique (IRCAM) et une cinémathèque, faisant voisiner avec bonheur de nombreuses disciplines artistiques, des arts plastiques à la vidéo numérique en passant par le cinéma, la photographie, l'architecture, le design, la danse, la musique et littérature.

Une série de manifestations sont organisées pour marquer l'anniversaire, dont une cérémonie officielle mercredi 31 janvier en présence du président Jacques Chirac, et deux nocturnes exceptionnelles d'ouverture au public jusqu'à 23H00 les jeudi 1er et vendredi 2 février, afin de découvrir le nouvel accrochage du niveau 5 où sont présentées les collections modernes du Musée (les incontournables Picasso, Braque, Matisse, Kandinsky, Léger, Miro, etc, invisibles depuis un certain temps en raison des travaux de rénovation). Durant tout le mois de février, le public pourra également assister entre 21H et 23H, à partir du toit du célèbre bâtiment en forme d'usine à gaz multicolore construit par les architectes Renzo Piano et Richard Rogers, à la projection gigantesque (64 x 36 m) sur la Piazza Beaubourg de À la belle étoile, une oeuvre de la vidéaste suisse Pipilotti Rist qui poursuit ici son exploration de l'espace et de la relation de l'oeuvre à la ville.

Plutôt que s'attarder sur les chiffres et l'aventure du temple français de l'art moderne, Bruno Racine, président du Centre Pompidou depuis 2002, préfère se tourner résolument vers l'avenir. Le Centre Pompidou a selon lui "connu des hauts et des bas" mais il "ne peut se développer qu'en restant en éveil" et il doit désormais tenir compte "de l'apparition de nouvelles scènes artistiques et de l'extraordinaire évolution des technologies". Bénéficiant dès son ouverture d'un statut privilégié — devenu par la suite aussi celui des autres grands musées comme Le Louvre ou Orsay — lui permettant d'établir en toute liberté ses programmes d'exposition, d'embaucher des conservateurs compétents français ou étrangers et de disposer d'un budget consistant pour acquérir des oeuvres, le centre a dit-il "réussi le pari lancé il y a 30 ans de mettre fin au divorce entre l'art vivant et la société". Il doit maintenant continuer à enrichir ses collections d'art contemporain et continuer son développement dans une perspective non plus "européano-centriste mais planétaire". Plusieurs projets initiés en 2006 devraient ainsi se concrétiser dans les années à venir, à travers notamment la création de structures type "Amis du Centre" à l'étranger, l'ouverture fin 2008 du Centre Pompidou-Metz, et l'éventuelle implantation d'un Centre Pompidou à Shanghaï (Chine). Parmi les autres priorités pointées par Bruno Racine, l'ouverture au jeune public — enfants et adolescents à qui des activités et un espace de 400 m2 seront offerts — et l'exploration des nouveaux champs de création artistique via les nouvelles technologies numériques dont le tout jeune "Institut de Recherche et d'Innovation" (IRI) est l'un des outils. Un magazine audiovisuel sera également lancé sur internet courant 2007. Côté programmation le Centre Pompidou présentera dans les prochains mois, entre autres expositions et colloques, des rencontres autour de Samuel Beckett, Annette Messager, Pierre Klossowski et Giacometti.