Libération
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Jeudi 04 janvier, au lendemain du vote des salariés approuvant le changement de statut de la société éditrice de Libération, Edouard de Rothschild a communiqué le nom des investisseurs s'engageant à hauteur de 15 millions d'euros dans la recapitalisation du titre.

Parmi eux, on note l'arrivée de Carlo Caracciolo, cofondateur du quotidien italien La Repubblica, qui apporte 5 millions d'euros et devient ainsi second actionnaire de Libé en détenant 33,3% des parts. Plusieurs autres personnalités du monde des affaires et des médias dont André Rousselet (ex-Président de la chaîne télé Canal + et du quotidien Infomatin), Pierre Bergé (ex-PDG d'Yves Saint-Laurent), Bernard-Henri Lévy (écrivain journaliste nouveau philosophe homme d'affaires) et Henri Seydoux (PDG de Parrot SA) entrent aussi dans le capital en apportant à titre personnel 1,2 millions d'euros au total, soit 8% des parts. Edouard de Rotschild (Holding Financier Jean Goujon) réinjecte lui 5,8 millions d'euros, à la suite des 20 millions qu'il a déjà investi lors de son arrivée en janvier 2005. Il reste ainsi actionnaire majoritaire du journal avec 38,7% des parts. Parmi les actionnaires historiques déjà présents dans le capital depuis plusieurs années, Pathé (Jérôme Seydoux et Eduardo Malone) réinvestit 1,5 millions d'euros, Médiascap (société du groupe de presse La Libre Belgique) 1,2 millions d'euros et Suez 300.000 euros, ce qui porte leurs parts respectivement à 10%, 8% et 2% du capital. Les salariés actionnaires réunis au sein de la Société Civile des Personnels de Libération (SCPL, jusqu'à présent deuxième actionnaire du journal avec 18,4% du capital), ainsi que la Société des Lecteurs de Libération (SLL), devraient également participer à l'augmentation de capital pour un montant mineur, sans doute pas plus de 0,1 millions d'euros.

Edouard de Rothschild se félicite de cette "étape importante franchie pour la refondation de Libération". Selon lui, "l'ensemble des efforts entrepris par tous, salariés, actionnaires, anciens et nouveaux, créanciers et fournisseurs va permettre à Libération de continuer à écrire son histoire et à jouer un rôle prépondérant dans la presse d'information quotidienne et générale française."

Libération, qui est au bord de la faillite avec des pertes estimées à 12 millions d'euros en 2006, prévoit également dans le cadre de son plan de sauvetage des accords avec certains créanciers qui abandonnent de grosses factures et surtout un licenciement collectif de 76 des 276 salariés de l'entreprise. Un guichet départ volontaire a été ouvert vendredi 05 janvier.