Clémentine Autain
Clémentine Autain

Cumulant, selon elle, les handicaps politiques d'être jeune, femme et blonde, Clémentine Autain se voit tirer le portrait par la journaliste Anne Delabre dans un livre qui vient de paraître aux éditions Danger Public. Vie personnelle et engagement politique de cette figure montante de la nouvelle génération de gauche y sont exposés clairement et sans réserve, révèlant la personnalité d'une femme indépendante et attachante, intelligente et ambitieuse, beaucoup plus complexe que ne le laisse supposer son image médiatique de belle rebelle bobo.
Née le 26 mai 1973 à Saint-Cloud (Hauts de Seine), Clémentine Autain est la fille du chanteur Yvan Dautin et de la comédienne Dominique Laffin. Son père est tendance libertaire sympathisant de la LCR, sa mère proche du MLF, un oncle sénateur socialiste et un grand père membre de l'OAS. Enfant, fan du groupe Abba, elle voulait devenir chanteuse et passer à la télé (Voir vidéo ci-joint). Sa mère, dépressive et alcoolique, meurt à 33 ans d'une crise cardiaque (on parle de suicide) alors que Clémentine n'a que 12 ans. Après le lycée, elle suit des études d'histoire à l'Université de Paris-VIII Saint Denis où elle croise le chemin militant de l'Union Nationale des Étudiants de France (UNEF) et de l'Union des Étudiants Communistes (UEC). A 22 ans, elle est victime d'un viol, ce qui la détermine en partie à s'engager dans le combat féministe après avoir pris conscience, au-delà de la simple lutte des classes, de l'ampleur des questions de domination et d'exploitation. Côté diplômes universitaires, elle soutient une maîtrise d'histoire consacrée à l'Algérie coloniale, suivie d'un DEA sur le mouvement de libération des femmes dans les années '70.
Dès le milieu des années '90 Clémentine Autain s'engage activement dans le militantisme associatif et mouvementiste d'extrême gauche. Elle participe à de nombreux projets et luttes oeuvrant à une transformation sociale et à la construction d'un autre modèle économique, s'attachant en particulier à défendre de nouvelles valeurs citoyennes de démocratie, d'écologie politique, d'anti-consumérisme, de féminisme et d'antiracisme entre autres. Elle participe notamment au Collectif National pour les Droits des Femmes (CNDF), co-fonde en 1997 l'association féministe Mix-Cité promouvant l'égalité entre les sexes, co-dirige le mensuel communiste rénovateur Regards et participe dès sa création en 1998 à la Fondation Copernic, lieu de construction d'alternatives au Néo-Libéralisme. En mars 2001, à l'âge de 27 ans, elle prend la tête de la Gauche plurielle aux élections municipales en se présentant sur une liste communiste, Paris changeons d'ère, dans le 17e arrondissement de la capitale qu'elle connaît bien puisqu'elle y vit depuis sa naissance. Elle est battue par l'UMP Françoise de Panafieu mais obtient tout de même 35% des voix. Elle est depuis cette date adjointe de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris, chargée de la jeunesse avec un budget de 25 millions d'euros entre les mains. Très engagée pour le Non dans la campagne référendaire de 2005 sur le projet de Constitution européenne, elle est membre — et candidate déclarée à l'investiture — du Collectif national pour une candidature anti-libérale unitaire à l'élection présidentielle de 2007. On saura le 10 décembre prochain si elle est désignée pour porter les couleurs d'une gauche alternative progressiste et moderne face à la candidate social-libérale Ségolène Royal.
Clémentine Autain a publié deux livres: Alter Egaux (éditions Robert Laffont, 2001) et Les droits des femmes (éditions Milan, 2003). Elle est également co-auteure des ouvrages collectifs Banlieue, lendemains de révolte (éditions La Dispute, 2006) et Salauds de jeunes (éditions Robert Laffont, 2006).
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Anne Delabre, Clémentine Autain, Portrait (Éditions Danger Public).