Sony Reader
Sony Reader

Le relatif échec à la fin des années '90 des premiers lecteurs de livres électroniques, tels le Cybook de Cytale entre autres, n'a pas découragé les constructeurs. Plusieurs d'entre eux, parmi les plus grands de l'électronique — Sony, Sharp, Matsushita, Samsung, etc --, prévoient une explosion du marché des e-books dans les prochaines années. Tous sont en train de développer de nouveaux appareils et, si tout va bien, une demi-douzaine de modèles de dernière génération devrait commencer à coloniser les boutiques de Micro-informatique entre 2007 et 2008.

Annoncé depuis longtemps mais plusieurs fois retardé, le Sony Reader PRS-500 du groupe japonais Sony est le premier à partir à la reconquête des consommateurs. Il pèse 250 grammes, mesure 17,5 sur 12,3 cm pour 1,3 cm d'épaisseur et coûte 350 dollars. Il est disponible aux Etats-Unis à partir du 1er octobre mais n'arrivera sur le vieux continent qu'au printemps 2007.

La principale innovation du e-book de Sony par rapport aux anciens modèles est l'encre électronique ou, au choix des termes, le papier numérique. Il s'agit d'une technologie mise au point par la société américaine E-Ink qui corrige les désagréments de lecture sur écran en supprimant les effets de luminosité et de rétro-éclairage. Le nouveau papier numérique apporte ainsi aujourd'hui un confort de lecture très proche de celui que l'on éprouve en lisant à la lumière du jour nos chers vieux bouquins en papier. La page s'efface et s'imprime en continu sur un écran de 6 pouces devant les yeux du lecteur qui aura auparavant stocké les textes qui l'intéressent sur la mémoire de son e-book comme il le fait par exemple en matière de musique avec son iPod. Le Sony Reader Portable peut bien entendu stocker le contenu de livres mais aussi de journaux ou de tous autres documents numérisés. Plusieurs grands quotidiens français comme Les Echos ou Le Monde sont d'ailleurs actuellement en train de tester la diffusion de leurs contenus sous cette forme. Certains types de fichiers et de flux RSS en provenance de sites web sur internet pourront également être téléchargés et lus sur l'appareil qui, équipé d'une mémoire de 64 Mo extensible, permet de conserver dans sa configuration de base 7.500 pages, soit l'équivalent d'une trentaine de livres.

Parallèlement à la mise sur le marché de son lecteur, Sony ouvre une boutique en ligne pour l'alimenter en livres numériques. Le portail Sony Connect Book Store, sorte de petit iTunes Music Store, propose d'ores et déjà un catalogue de 10.000 livres téléchargeables, dont le Da Vinci Code de Dan Brown. Les ouvrages, issus pour l'instant de six grandes maisons d'édition américaines comme Harper Collins ou Simon & Schuster, sont vendus environ 25% moins cher que dans leur version papier et ils peuvent être téléchargés sous divers formats (TXT, PDF, RTF, JPG, MP3,..).

Sony est talonné par la firme japonaise Matshushita, propriétaire notamment de la marque Panasonic, qui vient également de présenter son futur lecteur de livre électronique, le Words Gear. Ce dernier est à peu près similaire au Sony Reader en termes de fonctionnalités et de prix de vente, mais il inclut en plus la lecture de fichiers vidéo. Il sera commercialisé au Japon à partir de décembre 2006.

Si les problèmes de formats propriétaires entre marques ne viennent pas polluer le service fourni, et si les appareils continuent d'améliorer le confort de lecture et la convergence multimedia (Téléphone, Organiseur, Lecteur de texte, musique, vidéo, etc), le consommateur ne devrait pas manquer de s'équiper en masse comme il le fait depuis quelques années pour les téléphones mobiles et les baladeurs musicaux. Il est à prévoir aussi qu'il ne manquera pas de délaisser quelque peu les librairies traditionnelles pour se précipiter sur les immenses bibliothèques de livres numérisés téléchargeables offerts gratuitement sur internet par Google Books, Digital Book ou Million Book Project entre autres. Éditeurs et libraires vont vite devoir s'adapter au futur numérique de leur métier et apprendre à cohabiter avec les nouvelles technologies s'ils veulent continuer à publier et à diffuser des livres.