Oriana Fallaci
Oriana Fallaci

La journaliste italienne Oriana Fallaci publie un nouveau pamphlet contre l'Islam. Intitulé La Force de la Raison, le livre édité chez Rizzoli est déjà en passe de détrôner les chiffres de vente records — plus d'un million d'exemplaires — réalisés par La Rage et l'Orgueil, le précédent brûlot anti-musulman qu'elle avait publié en réaction aux attentats du 11 septembre 2001 à New York.

Oriana Fallaci, 74 ans, atteinte d'un cancer, vit depuis une douzaine d'années à Manhattan dont elle dit que c'est sa seconde patrie avec Florence. Auteur d'une dizaine de livres plutôt bons — Pénélope à la guerre (1962), Un Homme (1979), Inch Allah (1990), etc — ex-correspondante de guerre connue pour ses reportages sur le front des guerres du Vietnam, d'Amérique Latine ou du Moyen Orient, notamment du Liban, collaboratrice des plus grands journaux internationaux, chroniqueuse qui a longtemps incarné une conscience libérale humaniste, elle était sorti en 2002 du silence de sa retraite par réaction — "viscérale", selon elle — à l'attentat contre le World Trade Center.

Oriana Fallaci est aujourd'hui un auteur à succès adulé par la Ligue du Nord, le parti populiste xénophobe allié du gouvernement de Silvio Berlusconi et dirigé par Umberto Bossi qui préconise entre autres de tirer au canon pour couler les bateaux chargés de clandestins qui cherchent à débarquer en Italie. Dans cette nouvelle diatribe contre la civilisation arabo-musulmane, elle fait toujours le sermon aux européens, précisant sa démarche et justifiant ses thèses islamophobes et anti-européennes qu'elle développe avec une violence qui n'a rien à envier aux pires éructations haineuses de l'extrême-droite raciste. Ne reniant aucunement ses amalgames entre musulmans, immigrés et terroristes, considérant le 11 septembre comme révélateur de la vraie nature de l'islam et estimant toujours que les "fils d'Allah" sont tous des millions de fanatiques, d'extrêmistes du Djihad, de délinquants, de violeurs, de prostitué(e)s, de sidaïques et de "sauvages qui pissent dans les baptistères et se multiplient comme des rats" (La Rage et l'Orgueil), Oriana Fallaci explique qu'elle n'en a pas dit assez et fustige en plus les européens évidemment "aveuglés", "antisémites", "collaborateurs et traîtres d'une Europe qui devient chaque jour davantage une colonie de l'Islam". Selon elle, "Penser qu'il y a un bon Islam et un mauvais Islam va contre la raison".