Sommet de la Francophonie
Sommet de la Francophonie

Le 11e Sommet de la Francophonie réunira les 28 et le 29 septembre 2006 à Bucarest (Roumanie) les hautes instances internationales de la Francophonie sur le thème des "technologies de l'information dans l'éducation".

Le Conseil permanent, la Conférence ministérielle, et la Conférence des 63 chefs d'Etat et de gouvernement ayant le français en partage y parleront, outre Culture et Nouvelles Technologies de l'information et de la Communication, de Politique internationale, d'Économie et de Diplomatie. La rencontre sera aussi l'occasion d'élire, comme tous les quatre ans, un nouveau Secrétaire général de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), en remplacement d'Abdou Diouf actuellement en poste.

Côté Arts, Presse, Édition et Littérature, un Carrefour littéraire international se tiendra dans la capitale roumaine avec au menu stands de livres, lectures, débats avec des auteurs, présentation du livre d'entretiens Bucarest, le dégel de Mirel Bran (correspondant du quotidien Le Monde), et remise du Prix des cinq continents de la Francophonie à la mauricienne Ananda Devi, lauréate 2006 pour son roman Eve de ses décombres (Gallimard). Les visiteurs pourront voir deux expositions photo, l'une de photographes suisses intitulée La Francophonie aux mille visages, l'autre de Constantin Brancusi (1876-1957), célèbre sculpteur français d'origine roumaine qui était photographe à ses heures. L'Union de la Presse Francophone (UPF) tiendra aussi ses assises et débattra notamment des NTIC et de l'internationalisation des médias. De nombreux spectacles — danse, théâtre, etc — seront présentés au Village francophone. Enfin, une douzaine d'artistes proposeront leurs oeuvres et performances dans le cadre de la manifestation Labo-Mix, faut que ça bouge.

Côté Politique et Diplomatie, les discussions seront sans doute moins consensuelles qu'en matière de technologies de l'information. Au coeur des débats: Israël, le Liban et la Palestine, les discussions devant même mener à l'adoption d'une déclaration politique officielle de l'OIF sur la situation au Proche-Orient et peut-être aussi à l'arrivée d'Israël au sein de la Francophonie. La France a fait pression sur les roumains pour que, contrairement aux usages diplomatiques, soit invité au Sommet de la Francophonie non le président de la République du Liban Émile Lahoud mais le premier ministre libanais Fouad Siniora. Dans le petit jeu du commerce diplomatique, ce dernier est pressenti comme plus à même d'accorder la voix du Liban au vote très sensible de l'entrée d'Israël dans la Francophonie. Les décisions aux Sommets de l'OIF doivent en effet être prises à l'unanimité des membres présents lors du vote et Fouad Siniora, soit en ne se rendant pas à Bucarest soit en n'y opposant pas son veto, pourrait laisser la voie libre à l'adhésion d'Israël. Le lobbying franco-israélien, poussé à la roue par le premier ministre canadien Stephen Harper qui affiche un soutien inconditionnel à Israël, et argumentant à coups de processus de paix au Proche-Orient et d'intérêts commerciaux bien compris, aura auparavant fait le nécessaire pour que le vote de la cinquantaine d'autres pays de l'Organisation soit acquis d'avance à l'Etat hébreu, y compris celui des pays arabes comme l'Egypte, la Tunisie ou le Maroc.

L'idée d'intégrer Israël, qui compte quelque 500.000 francophones, à la Francophonie a été lancée par Jacques Chirac en 2004, après une visite à Paris du président israélien Moshé Katsav. La rencontre entre les deux présidents a permis d'accélérer la coopération franco-israélienne en matière d'échanges universitaires et de recherche scientifique, mais elle a aussi surtout relancé le commerce d'armes et de technologies militaires. Commerce ouvert non seulement entre les deux pays mais aussi entre Israël et de nombreux autres pays par l'intermédiaire plus officieux qu'officiel de la France. C'est ainsi par exemple que l'armée algérienne se retrouve aujourd'hui à sa grande suprise avec des hélicoptères de combat équipés de technologies israéliennes alors qu'elle pensait naïvement avoir acquis des hélicoptères de fabrication française. Le marché très juteux des armes de guerre avec Israël — pays "francophile" s'il en est — vaut bien quelques tours de passe-passe derrière le dos de la Francophonie.

L'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est une institution fondée sur le partage de la langue française et de certaines valeurs communes en matière de Démocratie et de Droits de l'Homme. Elle rassemble sur les cinq continents 49 États ou gouvernements membres, 4 États associés et 10 États observateurs, représentant au total plus de 710 millions de personnes.